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Médias à la botte de ...

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Photo Adobe Stock Sans liberté de presse, il n’y a pas de démocratie durable !

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Le président de l’Institut économique de Montréal (IEDM), Michel Kelly-Gagnon, met en garde une quinzaine de gens d’affaires contre le glissement irrémédiablement à gauche du quotidien La Presse et en appelle à leur vigilance pour se montrer prudents dans le financement de ce média qui partagerait de moins en moins leurs valeurs.

Le président du think tank de droite s’ennuie peut-être du temps où la famille Desmarais était propriétaire de La Presse et se révélait plus serviable pour ses positions néolibérales. 

D’avoir madame Hélène Desmarais à la tête du Conseil d’administration de l’IEDM s’avérait probablement plus utile à cette époque !

Manifestement ignorant en matière de spectre politique pour qualifier de journal de gauche le média de la rue Saint-Jacques, Kelly-Gagnon s’inscrit dans l’univers « trumpien » en souhaitant l’asservissement des médias à son idéologie !

Les influences indues

L’information est garante de démocratie et se doit d’être diversifiée pour permettre aux citoyens de connaître toutes les différentes facettes des enjeux sociaux et pour favoriser sa participation à la vie démocratique.

Dans la conjoncture où les revenus publicitaires ont fondu au profit des GAFAM, les médias se tournent vers la philanthropie et l’aide gouvernementale pour assurer leur rentabilité et poursuivre leur mission.

En voulant conditionner la générosité ou la publicité dans un journal ou une revue par un agrément au contenu qu’on va y retrouver, Kelly-Gagnon les transforme en instruments de propagande au lieu d’outils pour la démocratie.

La dérive est affolante, toutefois le président de l’IEDM n’en est pas la seule source. 

Hormis les gens d’affaires, les différents paliers de gouvernement et les groupes de pression ont aussi leur influence dans l’évolution des médias. 

Le traitement de Radio-Canada sous les règnes de Stephen Harper et de Justin Trudeau a été différent, illustration du rôle déterminant que l’État joue et des distorsions qu’il peut entraîner. 

La politique d’aide aux médias, que veut mettre en place le gouvernement Trudeau, ne reflète-t-elle d’ailleurs pas un parti-pris pour certains ?

Le monde syndical opère le même genre de pression en retirant publicité ou assistance financière à des médias alternatifs qui refusent de se transformer en courroie de transmission de leurs revendications. Le rédacteur en chef de L’aut’journal, Pierre Dubuc, est parmi ceux qui l’ont éprouvé au fil des ans.

Libres penseurs

Le secret est dans la diversité des opinions et c’est précisément le créneau dans lequel s’est engagé Le Journal depuis plusieurs années.

La liberté qu’on nous accorde dans la rédaction de nos chroniques me rend particulièrement fier de me retrouver dans ses pages même si j’ai dû parfois subir le courroux d’ex-collègues syndicaux ou de détracteurs de droite. C’est le prix à payer pour une presse libre !

S’il est un objectif que devraient avoir les gouvernements, c’est de s’assurer que les médias demeurent des vecteurs de démocratie plutôt que d’être à la botte de financiers qui voudraient les asservir à leurs intérêts !