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Un déficit, deux mondes

CANADA-POLITICS/
Photo d'archives, Reuters Le premier ministre Justin Trudeau lors de l’annonce de la prorogation du Parlement, à Ottawa, le mois dernier.

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Les inégalités sociales, accentuées par la COVID-19, posent un risque majeur à la reprise économique.

Les femmes, les jeunes, les petits salariés ont encaissé la part du lion de la profonde récession qui nous frappe. 

Nous n’avons pas les moyens de les laisser de côté. Car une reprise économique inégale risque de plomber l’ensemble de la reprise économique au pays.

Ce constat, ce n’est pas Justin Trudeau qui l’a dressé pour justifier son grand virage à gauche. Non, c’est le gouverneur de la Banque du Canada, plus tôt cette semaine.

Il nous a ainsi rappelé à quel point, si l’école a recommencé, si on débat du karaoké, des bars et du risque des soupers trop arrosés entre amis, la crise profonde dans laquelle la COVID nous a plongés est loin d’être terminée.

Deux mondes

Six mois après le début de la crise, il y a ceux qui s’en sortent bien et les autres.

Il y a les travailleurs hautement qualifiés qui se sont adaptés au télétravail. Puis il y a les travailleurs du commerce au détail, de l’hôtellerie, de la restauration, de l’industrie touristique et du voyage qui n’osent même plus penser au jour où ils retourneront travailler.

Il y a les parents qui se préoccupent de la reprise des activités parascolaires et ceux qui se demandent comment ils vont payer les fournitures scolaires.

Il y a les professionnels qui profitent des faibles taux d’intérêt pour s’acheter leur première maison, et les petits salariés qui craignent de perdre la leur une fois les congés de paiements hypothécaires terminés en octobre.

Ces inégalités ont toujours existé, me direz-vous. Mais la COVID les a cimentées.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Un déficit utile

Les milliards dépensés par le gouvernement Trudeau depuis le mois de mars ont de quoi donner le tournis. 

Imaginez s’il ne les avait pas dépensés. Combien de familles seraient dans la rue ? Combien de commerces seraient placardés ?

N’empêche, le bar ouvert ne peut pas être éternel. 

Le défi du gouvernement Trudeau est maintenant d’orchestrer une transition des programmes de masse développés à toute vitesse pendant le confinement, vers des programmes ciblés qui permettront à terme de ramener les oubliés sur le marché du travail. Leur donner les moyens d’être au rendez-vous lorsque la reprise économique se manifestera.

Il est là le danger. 

Si essentielles soient-elles, ces mesures structurelles coûtent une fortune. Il est plus facile de les promettre que de les payer à long terme. 

Elles sont aussi plus payantes politiquement que les moyens de les financer.

Justin Trudeau ne pourra faire l’économie de choix déchirants.