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«Je suis mixte» à La Licorne: une pièce encore plus actuelle

Yves Jacques et Benoît Mauffette dans la pièce «Je suis mixte»
PHOTO COURTOISIE/Mathieu Quesnel Yves Jacques et Benoît Mauffette dans la pièce «Je suis mixte»

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De retour à La Licorne avec sa pièce «Je suis mixte», dévoilée en 2018, le dramaturge Mathieu Quesnel tombe à point en racontant l’histoire d’un homme qui décide de changer de vie. 

«Ça parle d’un personnage qui remet en question ses choix de vie, qui fait table rase et part dans une autre direction, confie-t-il. Le confinement a un peu créé ça chez plusieurs personnes qui se sont acheté une terre, un winnebago ou ont changé de job. C’est un arrêt obligé qui te force à redéfinir ta vie. Je trouve que la pièce est encore plus actuelle.»

Yves Jacques et Benoît Mauffette dans la pièce «Je suis mixte»
PHOTO COURTOISIE/Mathieu Quesnel

Pour cette comédie «pas trop comique, pas trop dramatique», le principal intéressé s’est imaginé un banlieusard québécois transformé par un monde et des gens qu’il ne connaît pas du tout. Il met les pieds à Berlin, en Allemagne, «la ville culte européenne» où tout est possible.

Ce rôle a été confié à Benoît Mauffette, dont le personnage partage ses expériences en compagnie de son oncle (joué par Yves Jacques) et The Ghost, un Russe incarné par Navet Confit, qui apporte du même souffle une présence musicale.

Des précautions

Évidemment, la COVID a quelque peu modifié la façon de faire du théâtre, surtout avant de monter sur scène. Mais heureusement, seuls quelques ajustements mineurs ont dû être apportés pour les nouvelles représentations de «Je suis mixte».

«Ça enlève une certaine camaraderie en répétition [...] Ç’a changé, on se tient à distance, détaille l’auteur. Mais le show était bien fait pour ça parce que les trois acteurs habitent la scène chacun un peu dans leur section. Il y avait très peu de moments où ils se collaient...»

Yves Jacques et Benoît Mauffette dans la pièce «Je suis mixte»
PHOTO COURTOISIE/Mathieu Quesnel

Il y a quelques jours, lors de la première, Mathieu Quesnel a pu pousser un soupir de soulagement lorsque ses acteurs ont foulé les planches. «Pour un metteur en scène, à un moment donné, le travail est fait et tu dois laisser partir le bateau.»

Un nombre à revoir

Si les choses reprennent un semblant de normalité dans les salles, il en va par contre autrement lorsqu’il est question de rédiger des textes, du moins pour Mathieu Quesnel qui développe actuellement plusieurs idées.

«Ça redéfinit complètement [l’écriture]. Même la proximité... Dans une des pièces que je suis en train d’écrire, ça se passe dans un bar, il y a du “cruisage”, il y aurait des rapprochements. Je me dis “coudonc’, est-ce que ça va se pouvoir?”»

Forcés que nous sommes de respecter une distanciation, il faut désormais impérativement avoir le souci du nombre de protagonistes. Et Mathieu Quesnel en sait quelque chose, lui qui a vécu l’interruption de sa pièce «Trip» comprenant 16 personnages, en mars dernier.

Yves Jacques et Benoît Mauffette dans la pièce «Je suis mixte»
PHOTO COURTOISIE/Andréanne Gauthier

«Là, je suis en train d’écrire une pièce à deux. J’en ai une à six personnages que je voudrais réussir à faire d’ici deux ans ou deux ans et demi, mais je commence à me dire que ça ne se fera peut-être pas tout de suite parce que si on continue à jouer devant des demi-salles et ou des tiers de salle, payer six comédiens, ça change complètement ton budget.»

«Je suis mixte» est offerte à la Licorne jusqu’au 26 septembre. Après une vingtaine de représentations, elle sera jouée au Théâtre Périscope et dans certaines Maisons de la culture, toujours à Montréal.