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Wo, menute...

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Je suis agacé par tout ce qui s’exprime en absolu.

«Rien ne sera plus comme avant!» «La vie ne sera plus jamais la même!» «Pas de retour à “l’anormal”!»

Je réponds la même chose à tous ces discours absolutistes : «Wo, menute...»

Nouvelle norme?

Prenez le télétravail. Ce serait la nouvelle norme, dit-on. Il faudrait tout revoir, même nos projets de transport collectif.

Je trouve ça très intéressant. Ayant travaillé à domicile pendant six des dix dernières années, j’en connais un rayon là-dessus. De plus, comme je suis propriétaire d’un espace de travail partagé, les gens qui ne travaillent pas depuis les bureaux d’un employeur, je les aime bien : je peux faire de l’argent avec eux. 

Sauf que le télétravail ne collera pas autant qu’on peut l’imaginer en ces temps de pandémie où on pense que «rien ne sera plus pareil». 

Selon un sondage de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec, ce n’est que 17 % des travailleurs du secteur privé qui sont encore en télétravail. C’est sûr que c’est plus élevé dans la fonction publique. Reste que, selon Statistique Canada, c’est environ 40 % des emplois qui peuvent réalistement s’effectuer à distance.

On ne soigne pas de malades, on ne coupe pas de cheveux et on ne débouche pas d’évier en télétravail.

En émergence

Un jour, la pandémie sera derrière nous. Comme après la peste noire ou la grippe espagnole, où bien du monde ont sans doute cru que rien ne serait plus pareil, la vie reprendra son cours.

Le télétravail, une tendance qui était déjà en émergence pour des raisons économiques et technologiques, sera plus répandu, c’est sûr. De là à le présenter comme une nouvelle norme, toutefois, il y a un pas qui nous fait basculer hors de la réalité.

Par ailleurs, le «plaisir» de contempler ses tâches ménagères et de ne pas socialiser pendant le jour, je peux vous assurer qu’on en revient. Ça, c’est un télétravailleur d’expérience qui vous le dit!