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Le «GO» à l’immigration

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J’invite François Legault et ses ministres Éric Girard et Pierre Fitzgibbon à prendre acte des propositions formulées par l’Institut du Québec (IDQ) à la suite des résultats du sondage de la firme Léger auprès de 200 dirigeants d’entreprises québécoises sur leurs intentions d’investir et sur les conséquences de la crise économique générée par la pandémie de la COVID-19.

D’entrée de jeu, précisons que 54 % des dirigeants qui ont participé au sondage Léger estiment que la crise actuelle a eu des effets négatifs sur leurs activités.

  • Écoutez Michel Girard sur QUB radio:

Plusieurs entreprises ont dû se départir d’employés. D’autres ont été incapables de pourvoir des postes vacants malgré le nombre record d’employés sans travail inscrits à la Prestation canadienne d’urgence.

Pas moins de 35 % des entrepreneurs interrogés affirment avoir réduit ou carrément annulé des projets d’investissements. À ce nombre, il faut ajouter les 35 % d’entrepreneurs qui avaient décidé de ne pas investir.

On s’entend sur le fait que l’investissement privé en immobilisations et réparations affichera cette année un désolant recul. Ce sera d’autant catastrophique que les entreprises souffraient déjà d’un problème de sous-investissement avant même l’arrivée de la pandémie.

Les auteurs du rapport « Investissements privés et COVID-19 » de l’Institut du Québec, Jean-Guy Côté et Karl Zayat, présentent des solutions intéressantes en vue de requinquer le moral des entrepreneurs et les amener à investir davantage dans le développement de leurs entreprises.

PROPOSITIONS

Le pire obstacle à l’investissement c’est l’incertitude face non seulement à l’économie en général, mais également face à la disponibilité de la main-d’œuvre.

Pour régler le problème de manque de main-d’œuvre, l’IDQ recommande entre autres mesures de reporter les quotas d’immigration non atteints en 2020 aux prochaines années. En sus évidemment des quotas prévus.

Méchant défi à relever ici quand on sait que François Legault avait avancé l’hypothèse que le seuil d’immigrants pourrait être revu à la baisse à cause de la flambée, en avril dernier, du taux de chômage dû à la COVID-19.

« C’est quelque chose qu’on va regarder », avait-il déclaré.

Comme solution aux pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs industriels, l’IDQ propose la mise en place de formations accélérées de personnel et de recrutements ciblés.

Selon l’IDQ, il faudra éviter à l’avenir d’offrir des programmes universels d’aide financière du style Prestation canadienne d’urgence (PCU). Pourquoi ? Parce qu’une partie des bénéficiaires de la PCU fédérale ont préféré continuer d’encaisser leurs prestations à ne rien faire au lieu de retourner sur le marché du travail.

Remarquez que le problème de pénurie de main-d’œuvre attribuable à la PCU achève, puisque celle-ci va bientôt passer sous le giron de l’assurance-emploi.

D’autre part, les spécialistes de l’IDQ estiment que le programme fédéral des subventions salariales, lui, a fait du bon boulot en permettant aux entreprises de conserver leurs employés pendant la crise.

Bien entendu, les entrepreneurs souhaitent que le gouvernement Legault s’engage à maintenir un gel des taxes et impôts sur plusieurs années.

Les programmes gouvernementaux d’aide financière et de garanties de prêts font également partie des mesures incitatives qui peuvent contribuer à inciter les chefs d’entreprises à rester proactifs dans leurs domaines respectifs.