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On veut moins de lits aux soins intensifs

Les infirmières dénoncent un manque de personnel

syndicats secteur public
Photo Simon Clark Nancy Bédard, présidente de la FIQ

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Épuisées et débordées, des infirmières de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal ont tenu un « sit-in » mardi pour réclamer la fermeture de lits aux soins intensifs.

Il manque trop d’infirmières pour assurer les soins aux 23 lits des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR), selon des employés. 

« On est en train de frapper un mur », lance l’infirmière Mélanie Cabana, qui a choisi de dénoncer la situation malgré les craintes de représailles.

Mardi, à son arrivée au quart de jour avec ses collègues, elles ont réalisé qu’il manquerait au moins six infirmières pour combler le quart de soir à venir, menant inévitablement à des heures supplémentaires.

« Cercle vicieux »

« C’est un cercle vicieux dont on n’arrive pas à sortir », dit-elle à propos du manque d’employés, les forçant ainsi à travailler plus et causant de l’épuisement.

D’ailleurs, le président du Syndicat des professionnelles en soins de l’Est-de-l’Île-de-Montréal (SPS-ESTIM), Denis Cloutier, fait état de « fatigue généralisée » au sein des troupes, obligées de travailler des 16 heures par jour plus d’une fois par semaine.

L’HMR a refusé notre demande d’entrevue. Par courriel, l’établissement reconnaît que la situation est difficile, « et ce, depuis plusieurs jours déjà », notamment aux soins intensifs.

Il indique travailler sur des solutions, sans préciser comment la sécurité des patients est assurée actuellement.

Pas les seuls

Les employés craignent un bris de service à Maisonneuve-Rosemont, comme à l’Hôpital de Gatineau, qui a fermé ses soins intensifs deux jours, faute de personnel suffisant.

À l’Hôpital du Suroît, à Salaberry-
de-Valleyfield, des infirmières ont récemment dénoncé que le manque d’employés ne permettait plus d’assurer des soins sécuritaires, refusant ainsi de travailler.

Selon la présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Nancy Bédard, c’est du « jamais-vu », illustrant que « le système de santé craque de partout ».

Mardi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a répété en conférence de presse à quel point le système est « fragile ».

ÉCOUTEZ l'entrevue de Nancy Bédard sur QUB radio: