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Une peine exemplaire pour un dangereux fraudeur sans pitié

Le crime ne paie pas, a noté le juge en le condamnant à sept ans et demi de prison

Palais de justice de Montreal
Photo d’archives Chantal Poirier Richard Chandroo était en liberté lors de son procès au palais de justice de Montréal. Le fraudeur professionnel avait ensuite tenté d’éviter une détention trop hâtive en faisant croire qu’il voulait rembourser les victimes, mais le juge n’a pas été dupe.

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En plus d’avoir écopé d’une peine exemplaire de sept ans et demi de pénitencier, un fraudeur montréalais qui a « saigné à blanc » des aînés devra aussi leur rembourser 800 000 $, faute de quoi il croupira cinq ans de plus derrière les barreaux.

« Un délinquant peut être content d’être en prison sachant que ses biens seront disponibles à sa sortie, ou que sa famille pourra continuer à profiter du fruit de ses crimes. Le but [du remboursement] est de s’assurer que le crime ne paie pas », a lancé le juge Salvatore Mascia en condamnant Richard Chandroo, hier, au palais de justice de Montréal.

L’homme de 46 ans est un fraudeur en série spécialisé dans les fraudes d’héritages.

Sans scrupules, il n’a pas hésité à frauder des aînés, en mélangeant des vrais et des faux documents, personnifiant parfois d’autres personnes pour mettre en confiance ses proies.

« L’exploitation implacable des victimes, sans le moindre scrupule, ne peut être décrite que comme méprisable, sinistre et odieuse », a dit le magistrat en rappelant que, même accusé, Chandroo continuait à frauder.

Pas de conscience

Car l’accusé ne semblait pas avoir une seule once de conscience, a noté le juge.

Même après avoir « saigné [ses victimes] à blanc », le fraudeur continuait à leur demander toujours plus d’argent.

À un moment, il a même fait croire à un octogénaire qu’il allait contracter un prêt pour la rembourser, mais qu’il avait besoin d’une mise de fonds.

L’aîné a allongé l’argent, qu’il n’a évidemment jamais revu.

En tout, il a fait trois victimes, toutes octogénaires, qui ont perdu un total de près de 900 000 $, soit pratiquement toutes leurs économies.

« En raison de leur âge, de leur santé et des pertes encourues, il y a peu de chances qu’elles puissent recouvrer leurs finances et aller de l’avant pour le reste de leur vie », a résumé le magistrat, rappelant que l’une d’elles était depuis décédée.

Incorrigible, Chandroo a même essayé de berner le juge, après avoir été déclaré coupable en juin dernier.

Voulant éviter à tout prix une détention hâtive, il a tenté de lui faire croire qu’il avait en sa possession une carte autographiée du chanteur Michael Jackson, et qu’il devait rester en liberté afin de la vendre et rembourser les victimes.

Mais le magistrat n’a pas été dupe, qualifiant même Chandroo « d’homme dangereux » tellement il ne semblait pas réaliser le mal qu’il faisait.

Ainsi, le fraudeur n’a pas eu la clémence du tribunal, tel qu’il l’espérait.

Peine deux fois plus lourde

Au lieu d’écoper de quatre ans de pénitencier et d’un remboursement de 100 000 $, il passera deux fois plus de temps derrière les barreaux et devra remettre 800 000 $ à ses victimes, dans les quatre ans suivant sa sortie de prison. Sinon cinq ans de plus s’ajouteront à sa peine.

« Il a démontré être plein de ressources, c’est une personne imaginative et déterminée, a conclu le juge. S’il concentre ses forces à des entreprises légitimes, il y a un espoir qu’il puisse récolter assez d’argent pour compenser ses victimes. »

Ce que le juge a dit

«Rien ne l’arrête quand il est question de détrousser ses victimes. Il n’a ni conscience ni morale. »

«Malgré la détresse financière des victimes, il a continué à prendre plus et encore plus de leur argent. Un remboursement est la moindre des choses pour elles. »

«Il n’a pas agi en raison de dépendance à la drogue ou l’alcool, c’est par pure cupidité qu’il s’en est pris à ses victimes. »

– Le juge Salvatore Mascia