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Alstom tout près du but

Bombardier a consenti une baisse de prix à la multinationale française

usine Bombardier de La Pocatière
Photo d'archives Les quelque 420 travailleurs de Bombardier Transport à La Pocatière, dans le Bas-Saint-Laurent, vont changer d’employeur.

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Les travailleurs québécois de Bombardier Transport se préparent à passer sous la houlette du géant français Alstom avec la signature, mercredi, d’une entente définitive par les deux entreprises.

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«On va toujours être les employés de l’usine de La Pocatière. Que ce soit Bombardier ou Alstom, ça ne fait aucune différence», s’est exclamé Claude Michaud, président du syndicat des travailleurs des installations du Bas-Saint-Laurent.

M. Michaud ne craint pas que la transaction entraîne la fermeture de l’usine. Alstom exploite déjà des unités de production à Sorel-Tracy, Ottawa et Toronto.

«On a l’espace, on a les employés, on a l’expertise», a-t-il martelé.

Besoin de contrats

Les salariés de Bombardier Transport à La Pocatière et à Saint-Bruno travaillent actuellement au deuxième contrat de voitures Azur pour le métro de Montréal, qui doit être conclu à l’automne 2021.

«Il va falloir mettre de la pression pour amener du travail à l’usine», a concédé Claude Michaud.

Pourrait-on fabriquer, à La Pocatière, des composants pour les futurs trains du Réseau express métropolitain (REM), qui seront assemblés par Alstom en Inde ? «Tout est possible», a lancé le syndicaliste.

Bombardier a annoncé mercredi que la vente de sa division ferroviaire à Alstom devrait être conclue d’ici la fin mars 2021, soit trois mois plus tôt que prévu.

Moins d’argent pour Bombardier

L’entreprise a toutefois accepté de revoir à la baisse de 350 millions $ la valeur de la transaction, qui se chiffre désormais à 8,4 milliards US $ (plus de 11 G$ CA) . 

La dette, le passif et d’autres éléments ont été soustraits du prix fixé pour en arriver à la somme de 6,2 milliards $ US (environ 8,1 G$ CA).

Alstom avait demandé une réduction de prix en raison des nouvelles difficultés d’exécution que Bombardier Transport a connues au cours des derniers mois.

Bombardier touchera donc 4 G$ US (5,2 G$ CA) pour sa division ferroviaire alors qu’elle espérait en tirer de 4,2 à 4,5 G$ US (entre 5,5 et 5,9 G$ CA) lors de l’annonce de la vente, en février. L’impact aurait été encore plus grand, n’eût été l’appréciation de l’euro, la devise de référence pour la transaction, depuis le début de l’année.

«Quatre milliards, c’est une somme substantielle qui nous permet d’entreprendre l’assainissement de notre bilan», a soutenu Olivier Marcil, porte-parole de Bombardier.

«Il ne faut pas négliger la certitude que ça amène dans le contexte actuel de la pandémie, a-t-il ajouté. Il y a beaucoup de gens qui disaient que la transaction n’aurait peut-être pas lieu.»

La Caisse de dépôt recevra l’équivalent de 2,2 G$ US (2,9 G$ CA) pour sa participation de 34,7 % dans Bombardier Transport. En février, elle visait de 2,1 à 2,3 G$ US (entre 2,7 et 3 G$ CA).


Les actionnaires de Bombardier ont bien accueilli l’annonce de mercredi. L’action de l’entreprise a gagné 6,1 % à la Bourse de Toronto pour clôturer à 44 cents. 

Alstom au Canada     

  • Usines à Sorel-Tracy, Ottawa et Brampton  
  • Bureaux à Toronto  
  • Siège social canadien à Montréal     

Bombardier Transport au Canada     

  • Usines à La Pocatière, Thunder Bay et Kingston  
  • Centres d’ingénierie à Saint-Bruno et à Kingston  
  • Siège social pour les Amériques à Saint-Bruno