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La grogne gagne les membres-clients de MEC

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C’est par milliers que les membres de Mountain Equipment Co-op (MEC) ont commencé hier à se mobiliser partout au Canada pour faire connaître leur indignation et tenter de bloquer la vente de la coopérative de plein air à une société d’investissement privée.

Plusieurs pétitions ont été lancées pour demander l’annulation de la vente de MEC, en difficulté financière, à l’américaine Kingswood Capital Management. Cette vente, s’insurge-t-on, aurait pour conséquence de privatiser l’un des plus grands héritages coopératifs du pays.

Début de soulèvement

De Vancouver, Michael Roy a été l’un des premiers à s’élever contre ce scénario. Sa pétition, lancée sur Facebook, demande au CA et à la direction de MEC de revenir sur sa décision, d’annuler la vente et de consulter ses membres. 

Cette décision, fait-il valoir, « fut prise sans mandat ni consultation des 5,4 millions de membres ». Elle aura pour conséquence de « retirer les pouvoirs de décision démocratiques des membres » en plus de compromettre, ce faisant, les valeurs sociales du détaillant. 

En début de soirée, sa pétition comptait plus de 12 000 signataires. Et M. Roy travaillait déjà à l’organisation d’une prochaine initiative de protestation virtuelle.

Sentiment de trahison

Membre de la première heure de la coopérative fondée en 1971, Jean-Sébastien Trudel adhère complètement au mouvement qui semble prendre forme rapidement. 

« Je me sens vraiment trahi. MEC, pour moi, ça m’appartient. L’essentiel de ce que je porte en provient. Je ne comprends pas qu’on puisse prendre une telle décision sans nous consulter. » 

Le Journal a tenté d’obtenir des réponses de la direction de MEC. En vain, malheureusement.

« Personnellement, poursuit M. Trudel, je préférerais voir la coopérative fermer plutôt que de la voir ainsi vendue à une société d’investissement. A-t-on vraiment besoin d’une autre grande chaîne privée ? Je ne crois pas. »