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Parlons de Joe Biden

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Photo AFP Joe Biden

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Les partisans du président et des publications plus conservatrices reprochent de plus en plus régulièrement à Joe Biden sa trop grande discrétion.  

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On va jusqu’à lui reprocher de se cacher. S’il n’est pas vraiment isolé, le candidat démocrate pèche peut-être par un excès de prudence.

Avant de me pencher sur l’attitude du clan Biden, je précise tout de suite que peu de politiciens ou de politiciennes parviendraient à obtenir une couverture médiatique importante ces jours-ci, tellement tout évolue autour du président. Les publications commentant les frasques ou les déclarations de Donald Trump se multiplient et il est bien difficile de les ignorer.

Ce sera le cas pour un moment encore, puisque Bob Woodward accompagne la parution de son livre de la diffusion de quelques enregistrements de ses conversations avec le président. On peut ainsi entendre l’occupant de la Maison-Blanche contredire ce qu’il affirme quotidiennement aux médias. Vous conviendrez que c’est plutôt inédit et spectaculaire.

D’une certaine manière, on peut penser que l’omniprésence du président dans les médias sert bien un candidat qui a tendance à être maladroit lorsqu’il est spontané. Ses conseillers lui imposent une discipline de fer et chacune de ses interventions est rigoureusement scénarisée. Point de salut hors du télésouffleur!

Joe Biden n’est pas caché, il multiplie les déclarations, parle aux journalistes et rencontre des électeurs. Plus que dans le contenu, c’est dans la forme que le démocrate est trop conservateur. À quand remonte la dernière fois que vous l’avez vu ou entendu s’exprimer hors d’un cadre serré ou sans le soutien de ses notes et de son entourage?

Si on peut penser que les attaques de l’équipe de Donald Trump et des médias conservateurs, qui favorisent habituellement les républicains, obéissent à une logique partisane, elles ne sont pas pour autant dénuées de fondement.

On ne pourra probablement pas – et on ne devrait pas – soustraire Biden encore bien longtemps à un exercice incontournable en démocratie: répondre aux questions des journalistes. Il doit rassurer ceux et celles qui s’inquiètent de sa santé. Quand on aspire à diriger une des nations les plus influentes, on doit rendre des comptes plus régulièrement.

Le premier débat entre Donald Trump et Joe Biden approche à grands pas. 

Le 29 septembre, l’ancien vice-président devra au moins relever deux défis importants. Dans un premier temps, il devra éviter les pièges tendus par le président. Ce dernier n’a aucun scrupule à mentir de manière éhontée et il fera tout ce qui est en son pouvoir pour entraîner son adversaire dans un combat de coqs. Biden saura-t-il s’élever tout en étant ferme dans ses démentis?

L’Oncle Joe et son entourage sont également bien conscients que, pendant cet exercice d’une durée de 90 minutes, le candidat devra donner l’impression de maîtriser ses dossiers. Énergique et en contrôle pour son discours de la convention, Biden pouvait se contenter de lire son texte et de livrer la marchandise dans un environnement contrôlé.

On négociera jusqu’à la fin le déroulement du débat pour éviter de trébucher, mais un moment viendra où Joe Biden sera livré à lui-même. Je n’hésiterais pas à affirmer que les stratèges démocrates craignent ce moment. Pas que la barre soit très haute, mais simplement parce que, depuis les primaires démocrates, le candidat n’a rien offert de bien rassurant.