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Saguenay: une femme de ménage relate des faits troublants au procès de la gardienne Stéphanie Frenette

Stéphanie Frenette est accusée d’avoir secoué un enfant de 23 mois qui fréquentait sa garderie de Saguenay en février dernier.
Photo Facebook Stéphanie Frenette est accusée d’avoir secoué un enfant de 23 mois qui fréquentait sa garderie de Saguenay en février dernier.

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L’enquêteuse Caroline Tremblay du Service de police de Saguenay a témoigné mercredi au palais de justice de Chicoutimi dans le cadre du procès de la gardienne accusée d'avoir commis des voies de fait graves sur un bambin de 23 mois, le 20 février 2017, à Saguenay.

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La policière a expliqué au tribunal que trois jours après les événements, Frenette avait refusé de faire une déclaration à la police, ce qui lui était permis en raison de son droit à garder le silence.

Le lendemain, le 24 février, la gardienne avait finalement accepté de livrer sa version filmée, mais à partir de sa résidence au lieu de le faire au poste de police.

Caroline Tremblay a raconté que Stéphanie Frenette était coordonnée, détaillée, réfléchie et à l’aise quand elle répondait aux questions sur les journées précédentes à celle du 20 février. Elle avait des notes devant elle pour se remémorer les événements.

Mais lorsqu’est venu le temps de discuter du comportement de l’enfant, Frenette aurait montré des signes de nervosité.

Puis quand l’enquêteur de la SQ qui posait les questions a abordé la journée du 20 février, la gardienne a changé de comportement, a dit la policière.

«Stéphanie Frenette s’est reculée sur sa chaise. Elle se rongeait les ongles. Elle a mis ses feuilles de notes sur ses jambes pour qu’on ne les voie pas. Elle se pressait les oreilles. Elle parle alors plus tranquillement. Elle cherche ce qu’elle a à dire. Elle vire sa bague de mariage. Elle est beaucoup moins à l’aise», a témoigné la policière.

Caroline Tremblay a expliqué au juge que la gardienne était penchée sur sa chaise et baissait les yeux sur ses notes. La policière a eu l’impression que Stéphanie Frenette croyait qu’elle ne la voyait pas baisser ses yeux.

La gardienne aurait repris son aisance quand, durant la trame des faits du 20 février, les questions étaient rendues au moment de l’appel au père du bambin. Frenette informait alors le père que son fils n’allait pas bien. La policière a alors remarqué que la gardienne a remis ses coudes sur la table et était redevenue à l’aise.

Cet interrogatoire avait commencé à 13h40 et la dernière relecture des 35 pages de sa déclaration écrite par l’enquêteur de la SQ s’est terminée à 23 h 30, un véritable marathon.

L’enquêteur et la gardienne se sont tapés dans les mains, un high five a expliqué Caroline Tremblay, après avoir complété l’écriture signée de cette déposition, tard en fin de soirée, le 24 février 2017.

Témoignage de la femme de ménage de l'accusée

Un autre témoin a raconté des faits troublants, mais la défense a soulevé des contradictions dans son témoignage.

La femme de ménage Johanne Gaudreault était dans la maison de l’accusée qui opérait sa garderie au sous-sol, le 20 février 2017. C’est la journée visée par l’accusation.

Vers 10h, ce matin-là, alors qu’elle était au rez-de-chaussée, elle a entendu Stéphanie Frenette crier très fort à l’endroit d’un enfant. «Vas-tu t’asseoir? Vas-tu comprendre?» a relaté Mme Gaudreault, qui ne sait pas à quel enfant était adressée la consigne. Elle n’est pas allée au sous-sol non plus.

Vers 11h15, alors qu’elle descendait au sous-sol pour aller ranger l’aspirateur, Johanne Gaudreault a vu un jeune garçon dans un état troublant. «Il était assis sur ses fesses, les jambes allongées. Les bras étendus de chaque côté de lui. Il avait les yeux grands ouverts, pleins d’eau. Des larmes sur ses joues. Il ne s’essuyait pas les larmes. Aucun son ne sortait de sa bouche. La tête lui "shakait" tout le temps de gauche à droite.»

La femme de ménage affirme que l’enfant avait environ 2 ans. «Je trouvais qu’il n’était pas normal», a-t-elle dit en cour. Stéphanie Frenette lui aurait dit qu’il était comme ça et qu’il était en punition.

Johanne Gaudreault a ajouté qu’elle a tenté d’attirer l’attention de l’enfant, mais sans succès. «Il n’était pas là. Pauvre p’tit garçon. Il était vraiment en peine». Elle n’a pas osé se rapprocher du bébé, car elle considérait que c’était le travail de la gardienne.

Stéphanie Frenette aurait alors réglé les paiements et les reçus à la femme de ménage en parlant aussi de son horaire. Le tout a duré entre 15 et 20 minutes. «Elle ne s’en est pas occupé», a ajouté la témoin, qui travaillait pour Stéphanie Frenette depuis neuf mois.

Johanne Gaudreault a quitté les lieux à 11h36. L’enfant était toujours dans la même position, selon elle.

En contre-interrogatoire, l’avocat de l’accusée a soulevé des contradictions entre cette version au procès et celle fournie aux policiers, trois jours après les faits.

Aux enquêteurs, Johanne Gaudreault n’avait pas mentionné avoir entendu Stéphanie Frenette crier fort à deux reprises.

Puis, sa description sur les échanges avec la gardienne vers 11h15 n’est pas la même entre le procès et l’interrogatoire policier.

Johanne Gaudreault avait également affirmé à la police que tout était normal quand elle a quitté les lieux, ce qui tranche avec sa version racontée devant le juge.

Elle a ajouté que Stéphanie Frenette avait toujours été une bonne gardienne.