/news/provincial
Navigation

Mobilisation pour sauver l’église Saint-Charles-de-Limoilou

L'église Saint-Charles-de-Limoilou
Capture d'écran, Google Map L'église Saint-Charles-de-Limoilou

Coup d'oeil sur cet article

Le conseil de quartier du Vieux-Limoilou, la Société historique de Limoilou et l’organisme Espaces d’initiatives se mobilisent pour sauver l’église Saint-Charles-de-Limoilou qui pourrait être mise en vente incessamment.  

La pandémie a eu un impact considérable sur les finances de la Fabrique de la paroisse Saint-François-de-Laval qui n’arrive tout simplement plus à assumer les frais d’entretien et de chauffage d’environ 80 000$ par année.  

Elle veut désormais se départir de cette église fermée au culte depuis huit ans, rapportait Radio-Canada jeudi matin, et n’exclut pas de la céder à un promoteur immobilier.  

«Dans le contexte où Limoilou a perdu une autre de ses églises [Saint-François-d’Assise] il y a quelques mois, c’est un choc ce matin», a réagi au bout du fil le président du conseil de quartier, Raymond Poirier.  

«Pour nous, c’est un bâtiment important, un bâtiment patrimonial, on a perdu une église déjà et il faut pousser pour que quelque chose de structurant pour le quartier puisse émaner enfin. Ce qu’on vise, c’est la sauvegarde du bâtiment, mais aussi de l’ensemble architectural avec le boisé centenaire qui est à l’arrière et où l’on trouve les plus vieux arbres du quartier», a-t-il fait valoir. 

Un espace pour la communauté

Depuis 2015, l’organisme Espaces d’initiatives planche sur un projet de «laboratoire d’innovations sociales», comprenant aussi des espaces de travail et des espaces partagés, une grande place publique intérieure et un café-bistro afin de redonner les lieux à la communauté. Le conseil de quartier appuie ce projet. Le problème demeure toujours le même: le financement.  

«C’est tellement complexe de requalifier une église. On est bien prêts à faire toutes les demandes de financement et à mobiliser les partenaires, mais c’est certain que ça nous prend du temps... On leur demande juste de nous donner encore quelques années», plaide Édouard-Julien Blanchet, qui reproche à la Fabrique de ne pas être proactive dans le dossier. 

«On est dans un contexte où toutes les églises ne peuvent pas être démolies et transformées en condos. Il faut pousser plus loin la recherche de solutions et on invite aussi la population à se mobiliser autour de ce bâtiment-là, comme elle l’avait fait il y a cinq ans», a renchéri M. Poirier.  

Valeur patrimoniale «très élevée»

La Ville de Québec a inscrit l’église Saint-Charles-de-Limoilou sur la liste des huit églises à valeur patrimoniale «très élevée» qu’elle souhaite préserver sur son territoire, grâce à une enveloppe de 30 M$, financée à 50% par le gouvernement du Québec. Elle a même approuvé une aide de 2 M$, dans la dernière année, pour retaper la toiture et les clochers, somme qui n’a cependant jamais été dépensée. 

Malgré cette volonté de préserver l'église, elle ne bénéficie toujours d’aucune protection légale et rien ne pourrait empêcher un éventuel acquéreur de la raser à l’heure actuelle, se désolent plusieurs organismes de Limoilou.  

L’église achetée par la Ville?

La chef de Transition Québec (anciennement Option Capitale-Nationale) Jackie Smith, qui aspire à la mairie de Québec, demande quant à elle à la Ville de racheter l’église afin d’assurer sa sauvegarde.  

«L’église Saint-Charles-de-Limoilou, érigée entre 1918 et 1920, est l’église-mère de Limoilou. C’est elle qui a donné naissance à toutes les autres paroisses du quartier. Sa valeur patrimoniale est qualifiée d’exceptionnelle selon le registre du patrimoine bâti de la Ville mais pourtant, aucun statut juridique ne la protège», a-t-elle déploré dans un communiqué.  

«Je suis inquiète de l’avenir de notre patrimoine religieux à Québec (...). Je ne sens pas que l’administration Labeaume prend au sérieux la protection du patrimoine», a-t-elle insisté. Au cabinet du maire Régis Labeaume, il n’a pas été possible d’obtenir une réaction jeudi après-midi. 

Le porte-parole de la Ville de Québec, David O’Brien, a cependant indiqué, en fin de journée, que la Ville «s’attend à ce que la Fabrique et le Diocèse soient des facilitateurs dans ce dossier» et elle souhaite que les parties s’entendent «afin que le projet d’Espaces d’initiatives puisse se poursuivre».  

La subvention de 2,1 M$ qui a été octroyée par la Ville à l’organisme Espaces d’initiatives pour la restauration de la ferblanterie des clochers, de la maçonnerie et des ouvertures de la façade doit faire l’objet d’une entente au préalable avec la Fabrique afin que ces travaux puissent être réalisés, a-t-on précisé.