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Non, non et non, tout ne va pas bien aller!

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Établissons d’abord quelques faits objectifs :  

  1. Le séisme économique que nous vivons est réel. Nous venons de vivre un recul économique quatre fois plus prononcé qu’en 2008-2009. 
  2. La pandémie nous a fait revenir 15 ans en arrière en matière de production. Notre produit intérieur brut, ajusté pour l’inflation, est retombé à son niveau de 2005.  
  3. La confiance des consommateurs est mise à mal par la fin éventuelle des programmes d’aide fédérale.  
  4. Le nombre de cas de COVID-19 vient de passer les 300 par jour. Les paris sont ouverts quant au moment où Montréal passera en code orange.   

Optimisme destructeur

Certains refusent d’accepter cette réalité. Ils se sont mis en tête qu’ils reviendront au bureau sous peu. Que l’économie va repartir aussi vite qu’elle s’est arrêtée. Que « tout va bien aller ». Cet optimisme débridé frôle l’irrationalité. 

  • ÉCOUTEZ la chronique Jean-Denis Garon à QUB radio:

Malheureusement, ce sentiment est exploité par un secteur des affaires qui est prêt à tout pour que ses tours de bureaux se remplissent au plus vite. Comme la Chambre de commerce, qui se plaint du bas taux d’occupation des tours du centre-ville et qui pleure à chaudes larmes pour que les travailleurs reviennent s’entasser dans des ascenseurs. 

Soyons clairs. Je ne pense pas qu’on doive geler l’économie. Je pense qu’entasser un demi-million de personnes au centre-ville est contre-productif. Il me semble que les entreprises devraient comprendre le message : pour que les employés performent, ils doivent se sentir en sécurité. C’est un besoin fondamental. 

Une mairesse incompréhensible...

Quand on entend des propos aussi erratiques que ceux du milieu des affaires, on se dit que quelqu’un va les raisonner. Que le télétravail sera encouragé. Et qui de mieux que la mairesse de Montréal pour cela. 

Après tout, son administration nous signale clairement qu’elle désire saigner le centre-ville ! Que les banlieusards ne sont plus les bienvenus dans les tours de bureaux de Montréal... à moins d’avoir des pneus d’hiver sur leurs vélos. 

Sinon, pourquoi aurait-on transformé les rues Saint-Denis et Christophe-Colomb en parcours à obstacles ? Emprunter les grandes artères pour accéder au centre-ville se fait presque au péril de nos vies. Et il n’y a pas d’autre solution puisque le port du masque et la distanciation sociale ne sont pas respectés dans les transports en commun.  

... qui encourage les antimasques

Et bien... surprise ! La souriante Valérie décide plutôt de poser avec ceux qui pensent que la crise tire à sa fin. Projet Montréal devient corporatiste, le temps d’un jour. On croirait presque à un dédoublement de personnalité.

Cette même mairesse se dit inquiète des mouvements antimasques. Vous savez, de ces gens qui pensent que la crise n’est pas sérieuse. Qui n’ont pas encore compris que le soleil de juillet n’a pas tué le virus. Alors pourquoi les encourage-t-elle ?  

Soyez patients ! 

« La guerre sera courte », avait écrit un lieutenant d’infanterie au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Une prévision ridiculement optimiste, puisque le conflit dura finalement plus de 4 ans et fit 18,6 millions de morts. 

Écoutez parler les chambres de commerce et la mairesse et dites-moi. Quelle est la différence ? 

Je veux bien qu’on « repense Montréal » et qu’on « réinvente le centre-ville ». Mais aux dernières nouvelles, le centre-ville, il est comme avant. Et à écouter le monde des affaires grisonnant qui n’a d’yeux que pour son Grand Prix et ses bars, cette révolution n’est pas pour demain.  


♦ Jean-Denis Garon est professeur à l’ESG-UQAM