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«Alma» de Timothée de Fombelle: aventure... et grands combats à mener

Timothée de Fombelle
Photo courtoisie, Chelie Gallimard Timothée de Fombelle

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Auteur des best-sellers Tobie Lolness, Vango et Le livre de Perle, l’écrivain français Timothée de Fombelle a mis tout son talent au service d’une nouvelle trilogie ayant pour thème l’esclavage et le combat de l’abolition. Alma, le premier tome, raconte le destin d’une jeune Africaine qui part à la recherche de son frère lorsqu’il disparaît, en 1786. 

L’écrivain à la plume juste et sensible, très respectueuse, portait cette histoire en lui depuis très longtemps, raconte-t-il en entrevue. Depuis son long séjour en Afrique, en fait.

«Mon père était architecte et j’ai eu la chance de voyager avec mes parents. J’ai été très marqué par deux années que j’ai passées en Côte d’Ivoire, quand j’avais 13 ou 14 ans. Au cours d’un voyage familial qu’on a fait pendant ces deux ans, on est partis durant deux semaines le long de la côte du Ghana», partage-t-il. 

«Sur cette côte, qu’on appelait autrefois la Côte-de-l’Or, c’est aussi une côte des esclaves parce qu’il y a des forts, des lieux, des sortes de châteaux posés sur la mer, où étaient triés les captifs, pendant deux, trois, quatre siècles, avant de devenir esclaves de l’autre côté de l’Atlantique.»

Il a vraiment eu un choc en marchant dans les sous-sols de ces forteresses hollandaises ou anglaises abandonnées depuis l’abolition – à peu près en 1850. «J’ai eu un grand choc d’émotions de ces milliers de vies qui étaient passées par là, et j’ai senti qu’un jour j’écrirais quelque chose là-dessus.»

«Pendant toutes les années qui ont suivi, jusqu’à aujourd’hui, j’ai eu les yeux grand ouverts pour me renseigner et mieux connaître ce sujet, accumuler la connaissance historique pour pouvoir en parler et me sentir légitime à parler de ce sujet qui est si délicat et si violent.»

Recherches

Timothée de Fombelle a fait des recherches approfondies pour cadrer son histoire. «Il ne suffit pas de l’émotion, dans un sujet comme ça. L’émotion, c’est le moteur qui m’a fait me mettre au travail. Mais ensuite, il fallait la connaissance, la documentation.»

L’écrivain s’est plongé dans les plans des navires dans lesquels étaient transportés les esclaves, pour pouvoir comprendre comment ils vivaient. «J’avais, dans mon atelier, 40 ou 50 plans du bateau dont je me suis inspiré – l’Aurore

Ensuite, il a tout mis ça de côté pour raconter une histoire captivante. «L’esclavage n’est pas une aventure, évidemment, mais je voulais que mes personnages vivent des choses intenses, pour que le lecteur soit toujours avec moi.»

Légitimité

La sortie du livre, en Europe, a fait les manchettes lorsque l’éditeur anglophone, Walter Books, a fait savoir qu’il n’allait pas de l’avant avec la publication, l’auteur étant Blanc et son histoire traitant des Africains réduits à l’esclavage au 18e siècle.

Voici ce que Timothée de Fombelle commente. «C’est très étrange, en fait, mais je pense que c’est une période très sensible, avec énormément de gens qui sont sur la défensive, et j’espère que les choses vont petit à petit s’apaiser. Je suis convaincu qu’Alma peut jouer un rôle pour parler de ces 300 ou 400 années tragiques autour de l’esclavage.»

Alma, tome 1 : Le vent se lève<br/>
Timothée de Fombelle<br/>
Éd. Gallimard Jeunesse<br/>
390 pages
Photo courtoisie
Alma, tome 1 : Le vent se lève
Timothée de Fombelle
Éd. Gallimard Jeunesse
390 pages