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Êtes-vous à risque si votre couple a un emploi dans le même secteur?

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C’est épouvantable de mettre tous ses œufs dans le même panier ! Les experts en placements nous le répètent, et ces temps-ci, ils ne cessent de nous avertir : « N’investissez pas tout votre argent dans Facebook, Google, Amazon, Apple et Microsoft, c’est trop risqué ! Diversifiez ! »

Je vais vous dire ce qui représente une concentration vraiment dangereuse pour les finances : être journaliste et fonder une famille avec un autre journaliste, ce qui inclut les enfants, la maison et tout ! Là, on joue avec le feu !

Pensez-y. Au rythme auquel les jobs dans la profession disparaissent, la possibilité que l’un des conjoints perde son travail apparaît très élevée. Les probabilités que les deux se retrouvent en même temps au chômage ne sont pas négligeables, et je ne vous parle même pas de la menace qui plane au-dessus de leur régime de retraite !

Je prends les journalistes comme exemple parce que je connais ça un peu, mais j’aurais pu mentionner des techniciens chez Bombardier, des cadres chez Reitmans, des travailleurs du secteur du pétrole ou des acrobates de cirque...

L’emploi, une composante de vos placements

Notre emploi constitue une forme d’actif, on parle souvent de « capital humain », un peu comme des actions et des obligations. Selon le secteur, l’entreprise et la fonction occupée, cet emploi rapporte plus ou moins d’argent, tout en présentant un niveau plus ou moins élevé de risque de disparaître.

Votre employeur n’affiche pas une grande forme, son secteur décline et votre métier se dirige vers le musée ? Ça ressemble à une vieille action de La Baie ! Vous êtes comédien, vous vivez de rares contrats de publicité et d’un salaire de barman en bûchant à côté pour décrocher les gros rôles à la télé ? Je ne miserais pas sur vous, vous êtes un investissement spéculatif. Fonctionnaire à Québec ? Vous êtes pareil à une obligation du gouvernement !

Non, je ne suis pas en train de vous donner des conseils pour sélectionner l’âme sœur comme un produit financier. Il y a, bien sûr, du monde qui choisit son partenaire en fonction de son potentiel économique mais, en général, les gens ne se mettent pas en couple en se disant « cette personne n’est pas très jolie, ni très drôle, mais ensemble, on présenterait une belle diversification d’actifs ».

Dans la vraie vie, ça se passe autrement, heureusement. Les couples se forment souvent sur les bancs d’université, sur les lieux de travail ou lors de congrès, sans se formaliser du risque financier que peut poser le fait de travailler dans une même industrie ou chez le même employeur.

Ne pas pousser la concentration

Notre emploi s’apparente à un actif, disais-je, mais au contraire d’une action ou d’une obligation, on ne peut pas en disposer facilement. On ne change pas de métier comme on vend le titre de Couche-Tard pour acheter celui d’Amazon. Ce n’est pas évident non plus d’échanger son conjoint journaliste pour un ingénieur en intelligence artificielle.

On est un peu pris avec ça, alors que faut-il faire ? D’abord, éviter de concentrer davantage ses affaires. Si on est pilote chez Transat (et que son conjoint est agent de bord), on connaît certainement l’univers des avions et du transport aérien, mais on évite de placer ses billes dans les actions de Transat, d’Air Canada, de Bombardier et de Boeing.

La stabilité de l’emploi devrait être prise en compte au moment d’établir son profil d’investisseur, ce qui n’est souvent pas le cas, ou pas autant qu’il le faudrait. Ce dernier sert à établir le niveau de risque du portefeuille. Il repose sur plusieurs éléments, mais deux en particulier : sa capacité psychologique à tolérer des variations importantes de ses investissements et l’horizon de placement.

Si notre emploi s’apparente à un titre de pacotille, plus de prudence semble de mise dans ses placements, et plus encore si les deux sources de revenus de la famille sont à risque.

À l’inverse, si on occupe un poste de fonctionnaire avec une sécurité d’emploi et un régime de retraite en béton, on peut se montrer plus agressif avec ses placements. Mais on est ainsi fait que si on choisit la fonction publique pour la sécurité, il y a peu de chances qu’on se montre très audacieux avec ses investissements.