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Génération COVID-19: le voyage d’une vie tombe à l’eau

Une jeune Québécoise qui rêvait de vivre en Australie a plutôt dû plier bagage pour revenir à la maison

vie chamboulée
Photo courtoisie Janie Gagnon, 22 ans, est tombée sous le charme de l’Australie à un point tel qu’elle était partie pour y vivre pendant deux ans.

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Contrainte de rentrer au pays sous le stress de la pandémie, une jeune Québécoise qui avait entrepris toutes les démarches pour s’installer en Australie a dû renoncer à son rêve, son visa arrivant désormais à échéance.

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« Mon temps passe et je ne pourrai pas réutiliser le visa. [...] C’est juste vraiment dommage. Je n’ai pas vraiment d’autres plans pour le moment, mettons », déplore Janie Gagnon, déconfite.

L’an dernier, la jeune femme de 22 ans est tombée sous le charme de l’Australie où elle venait de passer trois mois, à un point tel qu’elle s’est décidée à entreprendre les démarches pour y vivre à temps plein.

Visa en main, elle a finalement pris son envol au début du mois de février pour ce qui devait être un voyage de deux ans en Australie afin de déterminer si elle souhaitait vraiment y obtenir sa citoyenneté.

Son visa vacances-travail lui offrait la possibilité de travailler en Australie pendant un an, puis d’en demander un nouveau pour l’année suivante, à condition qu’elle ait complété trois mois de travail en milieu agricole « pour redonner au pays », explique-t-elle.

« C’est le seul visa qui te permet de travailler là-bas et de rester aussi longtemps, et c’était ma façon à moi de voir si je voulais faire ma résidence permanente, précise-t-elle. J’ai le droit d’appliquer pour ce visa qu’une seule fois dans ma vie. Sinon, c’est fini. »

« Je capotais »

Environ un mois après son arrivée en Océanie, la pandémie a éclaté, menaçant de fermer les frontières à tout moment. Mme Gagnon, qui voulait prendre le temps de s’installer convenablement, n’avait pas encore de pied-à-terre pour se loger.

« Déjà, je capotais. Les auberges de jeunesse commençaient à fermer. Je n’avais plus d’endroit sécuritaire où dormir. [...] On ne savait pas combien de temps les frontières seraient fermées, et j’étais inquiète pour ma situation financière », explique-t-elle, en ajoutant que dans le contexte, il était rendu difficile de se trouver un emploi.

Dans l’incertitude, elle a plié bagage en mars, penaude, pour rentrer au Canada et vivre chez sa mère.

« Tout ce que je faisais, toute ma vie avant de partir, c’était en fonction des deux ans que j’allais passer en Australie. [...] J’ai travaillé comme une folle. Finalement, toutes mes économies y ont passé parce que le billet d’avion pour revenir était vraiment très cher », se désole Mme Gagnon, qui estime avoir dépensé au moins 8000 $ pour son court séjour.

Renflouer les coffres

Artiste maquilleuse à son compte, son retour au Québec n’a pas été des plus faciles. Elle souhaitait renflouer ses coffres dans l’espoir de peut-être repartir dès la réouverture des frontières.

« Les boîtes de production reprennent, sauf que celles avec lesquelles je travaillais savaient que je partais. La roue tourne. Même si tu es bonne dans ton métier, ils trouvent une autre maquilleuse. Je ne suis plus une priorité dans le fond », soutient-elle.

En contact avec le gouvernement australien, elle espère pouvoir récupérer son visa pour retenter le coup, même si c’est loin d’être gagné d’avance. En attendant, elle continuera d’y voyager à l’occasion, quand elle pourra.

« C’est sûr que je vais pouvoir y retourner sans travailler, mais faire le tour de l’Australie, sans pouvoir travailler là-bas, c’est un peu cher. Il te faut beaucoup d’économies », estime-t-elle.