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Génération COVID-19: obligée de parcourir plus de 100 km pour l’école et la job

Elle ne peut commencer l’université, car ses études professionnelles sont sur pause

Leia Bergeron
Photo Ben Pelosse Leia Bergeron, 23 ans, ne sait pas quand elle pourra rentrer à l’Université du Québec à Trois-Rivières, où elle aurait normalement dû commencer ses études à l’automne si sa dernière session de DEP n’avait pas été reportée.

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Une future infirmière auxiliaire devra multiplier les allers et retours entre Joliette et Shawinigan pour terminer son diplôme d’études professionnelles, dont les derniers cours ont été reportés à cause de la pandémie.

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« Ça retarde énormément et ça chamboule beaucoup mes plans. J’étais censée commencer à l’université de Trois-Rivières dès l’automne. [...] Mon copain et moi nous étions arrangés pour faire concorder le tout », déplore Leia Bergeron.

Avant la fermeture des écoles, la jeune femme de 23 ans et son petit ami s’étaient déniché un appartement à Shawinigan, en Mauricie, et des emplois à proximité, leur permettant de se rapprocher de leurs futurs lieux d’étude respectifs.

Avec un bail signé, ils étaient prêts à dire au revoir à Joliette, dans Lanaudière dès juin, diplômes en poches.

Leia Bergeron avait même été engagée au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec pour travailler à titre de CEPIA, c’est-à-dire candidate à l’épreuve de la profession d’infirmière auxiliaire, en parallèle à ses études universitaires.

« Tout était placé pour que ça fonctionne bien », indique-t-elle.

Aucune réponse

Si son copain a pu continuer ses études à distance, son diplôme d’études professionnelles (DEP) à elle en soins infirmiers a plutôt été mis en suspens, sans véritable directive de la part du gouvernement, déplore celle qui est même allée jusqu’à écrire au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, pour obtenir des réponses, en vain.

« Mon école aussi attendait des directives du gouvernement. [...] On nous a dit que puisqu’on était plusieurs étudiants à travailler comme préposés aux bénéficiaires [PAB], l’arrêté ministériel nous obligeait à rester à travailler à temps plein [...] parce qu’on était des PAB “faciles” », explique-t-elle.

Pour terminer son DEP, il lui faudra donc jongler entre le travail à Shawinigan et les études à Joliette pendant au moins une session, si une seconde vague de la COVID-19 n’annule pas ses plans à nouveau. 

Leia Bergeron ne sait pas quand elle pourra finalement entrer à l’université.

« En soins infirmiers, on est un des seuls programmes qui a été retenu comme ça. Je trouve vraiment dommage que nous, on doive attendre pendant qu’on voit les autres avancer », ajoute-t-elle.

Beaucoup d’appréhension

Leia Bergeron anticipe la prochaine session avec beaucoup d’appréhension, sachant qu’elle n’aura aucun répit, notamment en raison des déplacements qui impliquent beaucoup de coûts. 

Plus de 100 kilomètres séparent Shawinigan et Joliette.

« Si je ne travaille qu’une fin de semaine sur deux, ça ne fonctionnera pas, je n’y arriverai pas, estime-t-elle. Ça va être sans arrêt. Je n’aurai pas de pause. J’ai déménagé pour être plus proche de tout, mais ça a eu l’effet inverse [...]. Ce n’était pas prévu. »