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Génération COVID-19: un gros retard à rattraper pour les futurs danseurs

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Une étudiante en danse contemporaine craint de commencer sa carrière avec un gros retard sur les autres, puisque certains modules importants devront être annulés, ne pouvant pas être enseignés en respectant la distanciation physique.

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« La formation en danse contemporaine implique énormément de proximité physique, de contacts, de touchés [...]. Nous commencerons peut-être notre carrière avec un retard, et ça augmentera notre difficulté à trouver du travail dans un milieu déjà excessivement compétitif », évoque Élisabeth Arsenault.

Exercices de portées, spectacles finaux, danse avec des partenaires, tournée. L’étudiante de 27 ans, qui entame sa dernière année à la formation supérieure en danse contemporaine de l’École de danse de Québec, espère que le retrait de certaines notions ne lui mettra pas des bâtons dans les roues une fois sur le marché de l’emploi.

Tournée annulée

D’emblée, après deux ans de travail acharné, la cohorte a dû dire adieu à une tournée en France pour laquelle les étudiantes avaient fait du financement depuis le début de leur formation.

« Dans le milieu de la danse, être en tournée, bien s’alimenter quand on est en série de spectacles, ce sont le genre de choses qu’on allait apprendre par l’expérience, en le vivant », dit la jeune femme.

Même si les jeunes ont pu récupérer une grande partie de l’argent amassé, Mme Arsenault est déçue de la tournure des événements, surtout dans ce domaine où les contacts et la visibilité à l’international ne sont pas négligeables.

Modules de base

Or, si elle espérait au moins récupérer le module des portées qui a également dû être annulé au printemps en raison de la pandémie, elle doute qu’il puisse avoir lieu en raison des mesures sanitaires.

« C’est important ce module-là, surtout parce qu’il faut que ce soit fait sécuritairement. Si c’est mal fait et que la technique n’est pas là, ça peut être dangereux. C’est vraiment plate parce que c’est une grosse lacune pour nous », indique-t-elle.

Mme Arsenault croise les doigts pour qu’il n’y ait pas de reconfinement, avec le risque d’être retardée d’une année, puisque les cours ne peuvent simplement pas se donner à distance. 

Néanmoins, la jeune femme a l’impression que les programmes d’arts performatifs, comme la danse, le cirque, le théâtre, etc., passent un peu entre les mailles du filet des mesures appliquées par le ministère de l’Éducation.

« On nous dit qu’il n’y aura pas de masques dans les classes, mais nous, dans les classes, on bouge, on est en mouvement et on transpire. C’est comme si on n’existait pas, on dirait, quand ils planifient leurs consignes », déplore-t-elle.