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Legault et la recherche de l’équilibre

Quebec
Photo Stevens LeBlanc François Legault cherche une façon d’intervenir pour encadrer les rassemblements antimasques, sans empêcher les manifestations.

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Avec la montée des cas de COVID, les risques réels de reconfinement et la présence de plus en plus gênante des antimasques, la pression s’accentue sur le gouvernement Legault. 

« C’est lourd en ta... », m’a lancé sans détour un élu caquiste, en résumant le climat ambiant des derniers jours.

Certains ont fait des représentations à l’interne pour inciter le premier ministre à prôner la ligne dure et ne plus tolérer les manifestations antimasques les bras croisés.

Lorsque 10 000 personnes se rassemblent en bafouant toutes les consignes sanitaires comme samedi à Montréal, ou près de 1000 devant le parlement mardi, sans conséquence, les Québécois qui obéissent aux règles à contrecœur ont l’impression qu’ils peuvent jeter du lest.

François Legault en est bien conscient. Certains dans l’équipe tapent du pied, alors que d’autres sont convaincus que le gouvernement n’a rien à gagner à essayer de mater un mouvement de contestation.

Des députés élus en 2018, qui n’ont connu que la lune de miel depuis leurs débuts, doivent maintenant s’habituer à recevoir des messages de citoyens mécontents de l’obligation du port du masque, des délais pour les tests ou des conditions difficiles d’école à distance. Il y a aussi les menaces sur les réseaux sociaux.

Plusieurs n’ouvrent plus la porte à ceux qui se pointent sans rendez-vous dans leur bureau de circonscription, compte tenu du climat « un peu explosif ».

Des pistes évaluées

Dans l’entourage de François Legault, on examine la possibilité d’encadrer les prochaines manifestations d’une certaine façon.

Parmi les pistes citées : demander d’identifier un responsable du rassemblement, exiger de communiquer le trajet de la manifestation, limiter le nombre de manifestants permis, forcer le respect des consignes de la Santé publique. Mais on imagine mal des antimasques accepter de se couvrir le visage dans une manifestation ! 

Et en cas de refus d’obtempérer, que fait-on ? Les policiers pourraient à tout le moins remettre des constats d’infraction.

Avis partagés

« On n’aime pas ça, mais il faut penser à la paix sociale », me dit un élu en faveur de la ligne plus « molle ».

« Bien des personnes qui aiment François Legault, qui nous suivent, nous demandent de serrer la vis », lance un autre, selon qui le premier ministre « pense à ça tous les jours ».

On en convient, ce n’est pas facile à arbitrer. Mais ne rien faire est impensable. Surtout avec une hausse quotidienne de 86 cas hier dans la Capitale-Nationale, qui fait craindre que la région bascule dans le niveau d’alerte orange.

Avec les étapes de reconfinement que ça signifie. Refermer les bars, les salles à manger des restaurants ou les gymnases, ce serait « vraiment préjudiciable », confiait un ministre inquiet cette semaine.

« Catastrophique », a asséné sans retenue le ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon.

Malgré les enjeux économiques, et le fait « qu’il y a assurément un peu d’argumentation », c’est la protection de la santé des Québécois qui guidera les décisions des prochains jours, assure une source gouvernementale.

Il y a l’usure mentale et morale après six mois d’effort. Mais il y a tellement en jeu. Les Québécois doivent encore faire front commun.

Je ne croyais pas cela possible, mais la ministre fédérale Mélanie Joly a tout ramassé en quelques mots, en début de semaine.

« Ce n’est pas parce qu’on est tanné que la pandémie est terminée. »

Les bulletins    

Christian Dubé, CAQ 

Quebec
Photo Simon Clark

Le ministre de la Santé a commis une erreur en accusant erronément une coiffeuse de Thetford Mines d’avoir répandu la COVID dans des résidences pour personnes âgées en se sachant infectée, en pleine conférence de presse diffusée en direct sur les chaînes d’informations. Il a au moins eu la décence de s’excuser et de prendre le blâme pour sa faute.  

Jean-François Roberge, CAQ 

Quebec
Photo Jean-François Desgagnés

Près de deux heures plus tard, le ministre ignorait qu’une première école avait lancé un dépistage massif pour des cas de COVID. Il a aussi mal paru lorsque Marwah Rizqy et Véronique Hivon lui ont fait la leçon sur les professionnels scolaires forcés de faire des tâches de désinfection. Mais honnêtement, la rentrée se déroule généralement bien dans des circonstances difficiles... 

Catherine Fournier, indépendante

Quebec
Photo Simon Clark

Lors de l’étude des crédits il y a quelques semaines, des observateurs ont roulé des yeux parce que la jeune députée avait utilisé sa question à François Legault pour soulever la problématique des complotistes. Après que des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes, on ne doute plus que ses inquiétudes étaient justifiées. 

Manon Massé, QS 

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

La porte-parole n’a pas cédé à la pression de ses militants qui l’ont critiquée pour avoir été trop complaisante pendant la première vague le printemps dernier. Elle a conservé un ton modéré et profité d’une mêlée de presse avant le week-end pour lancer un appel sincère au respect des consignes, comme l’a fait François Legault. Question de « gros bon sens », a-t-elle dit. On est d’accord !

En vrac   

300

Quebec
Photo Simon Clark

C’est le nombre de signalements effectués à la police pour des politiciens victimes de menaces sur les réseaux sociaux dans les six derniers mois. Ouch. Le péquiste Pascal Bérubé a porté une plainte formelle en début de semaine. 

Au feu, au feu !

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Marguerite Blais n’a pas compris l’image utilisée par sa critique libérale Monique Sauvé, qui comparait les éclosions de COVID dans les résidences pour personnes âgées à des incendies. « Vous n’avez pas été capable, vous, de faire en sorte que, dans les résidences privées pour aînés, il y ait des gicleurs », a répondu la ministre, le plus sérieusement du monde !