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L’ex-numéro 2 de l’UPAC dit que Lafrenière l’a largué

Marcel Forget s’interroge sur le rôle joué par son ex-patron

Marcel Forget
Photo Pierre-Paul Poulin L’ex-numéro 2 de l’UPAC, Marcel Forget, lors de son arrivée au tribunal jeudi. Il poursuit le gouvernement pour 2 millions $.

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L’ancien numéro 2 de l’UPAC Marcel Forget estime avoir été abandonné par son grand patron Robert Lafrenière le jour où il a signé sa lettre de démission.

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« M. Lafrenière, c’est quelqu’un que j’ai respecté. [...] Je ne sais plus quoi penser aujourd’hui », a laissé tomber Marcel Forget, ancien commissaire adjoint à l’Unité permanente anticorruption (UPAC), en contre-interrogatoire hier au palais de justice de Montréal.

Marcel Forget en veut surtout à Lafrenière pour son comportement durant la journée fatidique du 30 novembre 2017, où il a dû quitter son emploi.

Forget témoigne dans le procès pour 2 millions $ qu’il a intenté contre le gouvernement du Québec pour ce qu’il estime être un congédiement illégal.

Selon Forget, l’interrogatoire préalable d’un haut fonctionnaire de l’État, André Fortier, l’amène à reconsidérer l’opinion favorable qu’il avait de son ex-patron.

« Je ne sais pas quoi penser, sachant que M. Lafrenière m’a rassuré le 30 et qu’il aurait été selon le témoignage de M. Fortier au courant que j’étais pour être congédié », a-t-il dit.

Câlin téléphonique

Plus tôt cette semaine, Forget avait raconté avoir reçu un appel de Lafrenière qualifié de « câlin téléphonique » le matin même de son départ afin de le rassurer, alors qu’un reportage de notre Bureau d’enquête était publié à son sujet.

Un peu plus tard en matinée, Robert Lafrenière aurait toutefois recontacté Forget pour lui dire qu’il avait besoin de sa lettre de démission.

« Il voulait aller dîner », a dit avec beaucoup d’émotion le témoin. « Il m’a dit : “T’as plus le choix [de me remettre ta lettre], c’est écrit partout.” »

Forget dit avoir eu l’impression ce jour-là d’avoir été largué par son patron. Il estime s’être fait imposer de signer sa lettre de démission alors qu’il était en état de choc.

La procureure du gouvernement, Me France Bonsaint, a longuement interrogé le témoin en matinée hier, tentant de relever des incohérences dans sa version des événements.

Le témoignage de Marcel Forget clôt une semaine riche en émotions durant laquelle Lafrenière et l’ex-ministre de la Sécurité publique Martin Coiteux sont aussi venus s’expliquer.

L’ex-ministre a maintenu que, selon lui, le départ de Forget était nécessaire en raison de faits « extrêmement préoccupants ». 


L’ex-secrétaire général du gouvernement du Québec, André Fortier, qui aurait joué un rôle dans le départ de Forget, doit être entendu lundi.