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L’environnement sur la glace?

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Photo AFP Le premier ministre Justin Trudeau

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L’idée était séduisante. La rencontre magnifique d’une crise sans précédent et d’une solution à un problème encore plus grave pour l’humanité.

Se servir de la relance économique post-COVID pour financer un immense virage vert. 

En effet, tant qu’à dépenser des milliards, renoncer aux contraintes de l’équilibre budgétaire, pourquoi ne pas en profiter pour enfin se donner les moyens d’affronter la menace climatique ?

C’était certainement le signal qu’a envoyé le premier ministre Justin Trudeau au lendemain du départ de son ministre des Finances Bill Morneau. Or voilà. Les Canadiens ne sont pas rendus là.

La Covid avant la relance 

Depuis la mi-août, le paysage a changé. Les enfants sont retournés à l’école, le nombre de cas ne cesse de grimper, les files interminables pour le dépistage font les manchettes.

Chaque fois qu’on parle de code jaune, orange, de la menace d’une deuxième vague, l’anxiété monte. Et avec raison.

Combien d’autres travailleurs vont gonfler les rangs des 1,8 million de Canadiens sans emploi ? Combien de mères craignent de devoir réduire leurs heures au bureau pour s’occuper des enfants advenant la fermeture de leur classe ou leur école ?

En effet, selon la firme de sondages Léger, la proportion de Québécois qui croient que le pire s’en vient est passée de 28 % en juin à 47 % la semaine dernière.

Les châteaux en Espagne d’une économie verte et juste de demain sont bien, bien loin des préoccupations des Canadiens les plus touchés par la COVID.

Une question de dosage

Ce mouvement dans l’opinion publique, le gouvernement Trudeau l’a bien saisi. Et les craintes soulevées par une offensive de dépenses incontrôlées en vue d’une refonte du Canada tout autant.

C’est la raison pour laquelle son gouvernement a tenu à recentrer son message cette semaine. 

La priorité, c’est la COVID et les problèmes qui en découlent. La relance verte viendra ensuite.

Certes, un plan de relance massif axé sur les changements climatiques permettrait la création à terme de millions d’emplois d’avenir selon plusieurs études. 

Or, c’est que les milliards verts en innovation, technologies propres, rénovations, infrastructures et vertes, mettront du temps à percoler dans la société. 

À court terme, ils ne mettront pas de pain sur la table des chômeurs de la COVID. Ils ne régleront pas non plus les problèmes structurels du pays, son manque de compétitivité, la vulnérabilité des exportations, le sous-financement perpétuel de la santé, pour ne nommer que ceux-là. 

Le casse-tête est donc entier : le Canada n’a pas le luxe de rater l’opportunité qu’offre la pandémie pour financer une relance verte. Or, encore une fois, la crise climatique est en voie d’être éclipsée dans l’esprit de l’électorat.

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