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Des manifestants écologistes à l'ouverture des audiences pour Énergie Saguenay

L'ex-ministre péquiste et chef du Bloc québécois Martine Ouellet était du nombre des manifestants.
Photo Agence QMI, Roger Gagnon L'ex-ministre péquiste et chef du Bloc québécois Martine Ouellet était du nombre des manifestants.

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Alors que s’ouvraient, lundi soir, les consultations publiques au sujet du controversé projet de gaz naturel dans le port de Saguenay, des opposants écologistes ont organisé une action perturbatrice en dénonçant les impacts potentiels que pourrait avoir le projet sur l’écosystème de la région dès 2025. 

L’action coordonnée regroupait plusieurs organisations qui militent depuis le départ contre le projet de gazoduc de 780 kilomètres promu par la société GNL Québec. Parmi ces groupes figurent la Coalition Fjord, Équiterre, Greenpeace Canada, Nature Québec et Eau Secours.

Ceux-ci ont simulé une conférence de presse avec un faux promoteur du projet nommé Énergie Saguenay, placé devant un faux décor illustrant un béluga mort et un drapeau américain – car les principaux investisseurs dans le projet sont Freestone Capital et Breyer Capital: tous deux sont des fonds de capital de risque américains.

En plus des risques inhérents à la construction d’un gazoduc sur le territoire du Québec, ce sont aussi les nombreux déplacements de méthaniers, ces navires de 30 mètres de longueur, qui font craindre aux écologistes l’impact de ces vas-et-vient sur la population de bélugas, fort présente dans le secteur.

«Le transport par mégaméthaniers du gaz liquéfié aurait des impacts majeurs sur la biodiversité du fjord et du Saint-Laurent. Les impacts se feraient particulièrement sentir sur le béluga, qui est déjà sur le bord de l’extinction. Faire disparaître une espèce emblématique du Québec pour vendre du gaz de fracturation à l’étranger, ce n’est pas du développement durable, même si le promoteur essaie de nous le faire croire», a expliqué dans un communiqué Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

Les choses se sont compliquées pour GNL Québec lorsque le fonds Berkshire Hathaway, dont le patron est l’éminent investisseur Warren Buffet, avait quitté le navire, plus tôt cette année, à cause des «des blocus autochtones» et du «contexte politique général au Canada».

Au mois d’août, le gouvernement Legault avait déclaré qu’il ne voudrait pas se retrouver comme unique apport financier au projet Énergie Saguenay.

Les séances du Bureau d’audience publique sur l’environnement (BAPE) à Saguenay ont été repoussées en raison de la pandémie. Les nouvelles règles permettent d’accueillir 200 personnes au lieu de 250 afin de respecter les 2 mètres de distance réglementaire.

La première partie des audiences se déroulera jusqu’à vendredi, après quoi un deuxième volet aura lieu à la fin du mois d’octobre, où le public pourra prendre la parole et déposer des mémoires.