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Lance Stroll devra lancer un message rapidement à Vettel

Lance Stroll devra lancer un message rapidement à Vettel
AFP

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S’il parvient à chauffer son futur coéquipier Sebastian Vettel dès le début de la prochaine saison chez Aston Martin, le Québécois Lance Stroll pourrait bien arriver à faire craquer le quadruple champion du monde.

C’est du moins l’avis du pilote Bertrand Godin, qui croit que l’Allemand peine à éviter les erreurs lorsqu’il est opposé à un coéquipier rapide.

Le phénomène s’est notamment produit en 2014, quand le jeune Australien Daniel Ricciardo s’est joint à lui chez Red Bull. Ayant pourtant remporté le titre lors des quatre années précédentes, Vettel a été limité à deux troisièmes places, contre trois victoires et huit podiums pour Ricciardo.

Cette année, chez Ferrari, Vettel ne fait pas le poids face au Monégasque Charles Leclerc, ce qui l’a poussé vers la sortie.

«Quand tu as de la compétition et des adversaires de taille, qu’il y en a plusieurs, soit que ça te propulse et ça te motive, soit que tu t’écrases carrément, a analysé Godin. Et chez Vettel, on a toujours senti que dès qu’il avait la compétition de son coéquipier et qu’il ne se sentait pas supérieur, c’était la débandade.»

Double tranchant

La tâche sera toutefois loin d’être facile pour Stroll, qui pourrait bien lui-même pâtir de la comparaison.

«C’est un couteau à deux tranchants. Ça peut avoir l’effet de le remonter puisqu’il va être comparé à un quadruple champion du monde, et ce n’est pas rien. Mais en même temps, la motivation de Vettel va être au tapis.»

«La gestion de la pression chez un pilote, c’est 80 % du travail.»

Question de confiance

Profitant d’une voiture rapide cette année chez Racing Point, Stroll connaît la meilleure saison de sa carrière. Il est actuellement sixième au classement des pilotes avec 57 points, devant son coéquipier Sergio Perez, neuvième avec 44 points malgré deux courses manquées après avoir contracté la COVID-19.

Stroll, qui est notamment monté sur le podium à Monza, fait donc taire plusieurs détracteurs qui doutent de sa place en Formule 1.

«Pour gagner en sport automobile, il faut y croire. Il faut de la confiance et des habiletés, et je crois que les habiletés, Lance Stroll les a toujours eues. Mais en arrivant en F1 un peu trop rapidement, sa confiance a fondu comme neige au soleil dans une mauvaise voiture.»

«Stroll, dans une bonne voiture, on l’a vu être capable de se rapprocher de Perez aux avant-postes en début de saison. Et maintenant, la confiance est là, il sait comment travailler avec l’équipe et on voit le vrai Lance Stroll.»

Lance Stroll n’écoute pas les gens qui veulent le détruire

Le Québécois Lance Stroll ne se préoccupe pas des nombreuses critiques émanant sur les médias sociaux en raison de l’appui financier majeur de son père, qui a notamment acheté l’écurie Racing Point pour laquelle il évolue.

L’athlète de 21 ans a expliqué qu’il avait rapidement réalisé que l’étiquette de pilote payant allait lui coller à la peau. Dès sa première saison en 2017, il a senti que malgré quelques excellents résultats – un départ de la première ligne à Monza et un podium à Bakou –, les commentaires haineux continuaient d'affluer.

«[Les critiques] seront toujours là. Je l’ai réalisé il y a longtemps. Dès ma première année chez Williams, j’ai vu que dès que j’allais obtenir un mauvais résultat ou commettre une erreur, les gens allaient simplement me descendre et tenter de me détruire, a dit Stroll samedi lors d’une baladodiffusion du réseau Sky Sports. C’est le monde dans lequel nous vivons. Il faut essayer d’en rire pour ne pas en pleurer.»

«Quand vous êtes bons dans un domaine et que vous tentez de réaliser vos rêves, il y a certaines personnes dans ce monde, traversant des périodes de frustration et de jalousie, qui tentent de vous tirer vers le bas. Je n’écoute que les gens qui m’entourent, c’est tout ce qui importe. Je me contente de répondre sur la piste. Je reste dans ma propre bulle et je garde la négativité à l’extérieur.»

Des standards plus élevés

Stroll est également revenu sur ses récents résultats en 2020. En un an, il est passé d’une lutte perpétuelle lors de chaque Grand Prix pour grappiller quelques points à une présence constante au sein du top 10 cette saison.

«Jusqu’à présent, c’est très bien, a-t-il confirmé. J’ai marqué beaucoup de points et j’aime vraiment conduire cette voiture au cours de la première partie de la saison.»

Malgré tout, Stroll refuse de se contenter de cette hausse de compétitivité de Racing Point. Il a ciblé quelques courses au cours desquels il aurait pu faire mieux.

«Il y a sûrement des détails à peaufiner, comme on a pu voir à [Spa-Francorchamps], où nous n’avons pas connu notre meilleure fin de semaine, puis à Silverstone, où nous n’avions pas le rythme espéré. Mais nous avons eu d’excellents résultats en Hongrie et à Barcelone. Obtenir un podium était formidable. C’est bien d’avoir une voiture qui peut compétitionner pour ces résultats.»

En Belgique, les ennuis de Stroll ne l’ont pas empêché de décrocher la neuvième place, son pire résultat de la saison lorsqu’il était en mesure de compléter ses courses. En 2019, la neuvième position avait été son deuxième meilleur résultat de la saison.

«J’aurais ouvert une bouteille de champagne lors du vol de retour avec un résultat semblable [à cette neuvième place] l’année passée, a lancé Stroll. Tout est relatif. Si vous avez une bonne voiture, vous voulez monter la barre et aller sur le podium. Le neuvième rang est décevant cette année.»

– Avec la collaboration de l'Agence QMI