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Arrêts interdits: un autre conducteur frôle la mort en allant aux Îles-de-la-Madeleine

L’interdiction des arrêts au Nouveau-Brunswick a failli être fatale à un Madelinot de 21 ans

François Harvey
Photo courtoisie Un pompier aide au remorquage du véhicule accidenté de François Harvey, qui a effectué une violente sortie de route après s’être endormi au volant.

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Une autre catastrophe a été évitée de peu dans le corridor donnant accès aux Îles-de-la-Madeleine, alors qu’un Madelinot de 21 ans a été impliqué dans une grave embardée après s’être assoupi au volant dans la nuit de samedi à hier.

Parti de Québec, François Harvey se dirigeait vers Souris, à l’Île-du-Prince-Édouard, pour prendre le traversier qui devait le ramener à son archipel natal à la suite d’un déplacement pour le boulot. 

Un court repos d’avant-départ n’a toutefois pas été suffisant pour faire le plein d’énergie. Malgré l’interdiction complète des arrêts en territoire néo-brunswickois, le jeune automobiliste s’est résolu à s’arrêter clandestinement pour refaire ses forces.

«Par deux fois, j’ai pris la chance de m’arrêter dans un coin, dormir une heure et repartir. Ils nous avertissent de ne pas le faire, mais je l’ai fait quand même», dit-il, plaidant l’urgence de repos pour abattre l’éreintant trajet d’une douzaine d’heures.

Violente sortie de route

Or, ces deux brefs roupillons n’ont pas suffi. «D’un coup, les yeux ont fermé et je suis passé par-dessus le garde-fou. Je me suis retrouvé dans le champ, j’ai arraché deux ou trois arbres avec mon camion. J’ai fait quelques tonneaux avant de descendre dans le fond du canal», raconte-t-il quelques heures après l’accident.

Résultat : la camionnette est une perte totale. Heureusement, François Harvey s’en tire indemne, à l’exception de quelques coupures causées par des éclats de vitre. 

«Ridicule»

Cet accident survient pratiquement trois mois jour pour jour après qu’un couple québécois ait frôlé la mort sur le même tracé. Les deux quinquagénaires avaient percuté un orignal à la noirceur près de Fredericton. Une levée de boucliers d’élus madelinots s’était ensuivie, eux qui réclamaient un assouplissement des exigences de passage au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard, par exemple en instaurant des hôtels désignés pour le transit interprovincial.

Malgré ces appels à l’action, «aucune demande n’a été formulée» à l’intention des provinces voisines, déplore le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau. 

«Je crains le jour où je vais avoir un appel pour me dire que le pire est arrivé. [...] On met la population à risque en ne mettant pas en place des solutions toutes simples», rumine-t-il, citant un autre accident impliquant une camionnette familiale qui est survenu il y a un mois.

La saison touristique maintenant passée, ce sont les déplacements essentiels des Madelinots qui sont les seuls touchés par ces restrictions persistantes, ajoute M. Arseneau.

«C’est ridicule. On est dans le même pays. C’est bien beau les mesures et il faut faire attention, mais il y a des limites. C’est mettre la vie des gens en danger», seconde François Harvey.