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Un modèle d’affaires à revoir

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Photo d'archives, AFP Diffiicile à croire qu’il n’y aura pas de hockey l’été prochain selon le modèle d’affaires proposé par les bonzes de la LNH.

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Et si on tentait de décoder les propos de Gary Bettman, samedi, à l’occasion de son point de presse annuel marquant le début de la grande finale pour l’obtention de la coupe Stanley.

Quels sont les plans de la Ligue en vue de la saison 2020-21 ?

« Présentement, nous gardons toujours en perspective le 1er décembre pour le début de la prochaine saison, bien que, nous vivons dans l’inconnu et il se pourrait que le début de janvier soit beaucoup plus près de la réalité que nous vivons présentement. »

« Oh, je veux ajouter. Il se pourrait que nous amorcions la saison avec des amphithéâtres fermés aux partisans et aux consommateurs. Cependant, cela ne veut pas dire, qu’en cours de route, on modifie les plans, que les portes de nos amphithéâtres s’ouvrent à un certain nombre de spectateurs et peut-être qu’au fur et à mesure que la saison progresse, nous pourrons accueillir tous nos consommateurs. »

Non au hockey en été

La Ligue nationale veut offrir un calendrier de 82 matchs bien que le commissaire se dit contre le hockey en pleine saison estivale. Alors, comment les décideurs de la ligue et les propriétaires peuvent-ils adopter un calendrier complet de 82 matchs et ne pas présenter du hockey en juillet ?

Un calendrier de 60 matchs pourrait être une solution de rechange.

Autre point.

Comment une ligue peut-elle survivre, disons certaines équipes peuvent-elles survivre quand la principale source de revenus, près de 60 %, est l’achalandage aux tourniquets ? Sans oublier, les revenus engendrés par la location de l’amphithéâtre et la présentation de plusieurs concerts. Bettman assure qu’il n’entretient aucune inquiétude sur la santé financière des concessions de la ligue.  

Peut-on vraiment le croire ?  

Pas vraiment.

Des changements

Le hockey est une entreprise qui, comme nos grandes sociétés, vit une période où la conjoncture économique imposera des grands changements. Le sport professionnel n’y échappera pas. Les équipes parvenant à éponger les déficits grâce au partage des revenus ne pourront plus miser sur cette bouée de sauvetage qui s’apprête à disparaître.

La télé direz-vous ? Sa capacité de payer s’amenuise de plus en plus puisque le consommateur doit lui aussi faire des choix. Son dollar loisir n’apparaît plus dans les priorités... bien au contraire.

Êtes-vous, monsieur le commissaire, en faveur d’une participation aux séries de 24 formations ?

Bettman préfère la formule de 16 équipes et il faudra des arguments de taille pour lui faire changer d’idée.  

Sauf, évidemment, si les propriétaires, croyant qu’éventuellement, on pourra remplir les gradins, estiment que cette formule viendra gonfler les revenus.  

Pour l’instant, et à écouter attentivement, Gary Bettman et son bras droit, Bill Daly, on se retrouve devant plusieurs scénarios, chacun devra être consulté et étudié tout en gardant en perspective, comment peut-on poursuivre les activités sans créer un bourbier financier. Le hockey ne possède pas les mêmes privilèges que la NBA et la NFL et aussi le baseball majeur. Et, c’est là que ça se complique. 

En communication

« Nous sommes en communication constante avec Donald Fehr et l’Association des joueurs. »

Bettman se garde bien de se lancer dans les comparaisons entre le sport professionnel et les sociétés aux prises avec de sérieux problèmes sur la gestion de l’entreprise.

Plusieurs sociétés ont pris des décisions tranchantes relativement à leurs employés. Au Canada, elles ont profité d’un programme d’aide de la part des gouvernements... mais pour une certaine période.

Malgré tout, elles ont dû « libérer » des travailleurs.

Le hockey professionnel a réussi jusqu’à maintenant à épargner les joueurs de sorte qu’ils ont tous gardé leur emploi. Cependant, on a beau avoir « gelé » le plafond salarial à 81,5 millions $ pour une période de deux ans... peut-être trois en espérant que les prochaines négociations avec la télé américaine renflouent les coffres, par contre, il faudra bien que l’équation fonctionne, en d’autres mots, que les revenus puissent respecter les engagements financiers.

Ça, c’est une autre histoire.

Assurément, un calendrier de 60 matchs signifierait à la base, une diminution des salaires d’au moins 25 %. Pourrait-on également envisager une réduction des effectifs de 20 à 18 joueurs par match ? Les équipes pourraient alors inscrire un maximum de 21 joueurs sur le plafond salarial ?

La pandémie obligera-t-elle Bettman et ses décideurs à songer à un nouveau modèle d’affaires incluant une division canadienne ?  

On veut une saison 2020-21, ou tout au moins une saison 2021, mais de longues discussions entre les joueurs et les propriétaires devront aboutir à des compromis.

Dans la structure actuelle, j’entends la Ligue nationale avec 82 matchs, des séries éliminatoires se terminant au début de juin, un camp d’entraînement à la mi-septembre, un début de saison en octobre, pour l’instant, ça ne tient pas.

Tout est à revoir...