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Walmart accusé d’abandonner les familles au pire moment

Le détaillant éliminera d’ici peu son programme des prix concurrentiels

Vanessa Pineault qui déplore la fin du programme de prix chez Walmart.
Photo Ben Pelosse Vanessa Pineault estime qu’elle économisait entre 60 $ et 70 $ par semaine grâce au programme des prix concurrentiels de Walmart.

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Walmart Canada mettra un terme à son programme des prix concurrentiels pour les consommateurs à partir du 15 octobre. Une politique qui forçait le détaillant à égaler les prix de ses compétiteurs.

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«Il laisse tomber les familles au moment où l’entreprise a fait beaucoup d’argent durant la pandémie alors que leurs magasins sont restés ouverts», déplore la mère de deux enfants Vanessa Pineault. 

«Ce n’est pas toutes les familles qui ont les moyens de dépenser de l’essence pour faire 45 épiceries différentes pour économiser», poursuit-elle, craignant maintenant que d’autres chaînes emboîtent le pas.

Pour profiter de ce programme, les clients devaient apporter une preuve imprimée ou numérique du prix du produit chez un concurrent. L’article devait être identique et en stock pour obtenir la révision de tarif. Cette politique touchait la majorité des produits, notamment les aliments.

Mme Pineault estime qu’elle économisait par semaine pour une famille de quatre entre 60 $ et 70 $. 

«Ce qui était intéressant, c’est que les quantités étaient illimitées. Tu pouvais acheter 10 boîtes de céréales et profiter du rabais», note-t-elle, demandant au géant de revoir sa position.

«Peu utilisé»

De son côté, Walmart dit mettre un terme à ce programme après avoir constaté «qu’il était peu utilisé et qu’il causait des attentes aux caisses». L’entreprise assure qu’elle va continuer de respecter son engagement «de faire économiser les Canadiens pour qu’ils vivent mieux».

«Les clients savent qu’ils peuvent compter sur Walmart pour des prix justes, des chutes de prix, des milliers de vérifications de prix chaque semaine, un service rapide aux caisses et des bas prix représentant plus d’économies», répond le porte-parole de la bannière, Steeve Azoulay.

Walmart n’est pas le seul détaillant à avoir une politique de prix. La chaîne de supermarchés Maxi possède aussi un programme, tout comme IGA (Prix imbattable sur certains produits), Canadian Tire, RONA, Réno-Dépôt et Best Buy, pour ne nommer qu’eux. 

Selon le professeur à la Faculté des sciences de l’administration de l’Université Laval, Yan Cimon, cette décision est «malheureuse» pour les consommateurs, car ce programme permettait d’avoir «une vraie expérience de magasinage à un seul endroit». 

Outil moins rentable?

«Ce type de mesure était très pratique à l’époque où l’entreprise avait besoin de gagner des parts de marché. Maintenant, c’est un joueur très important et il n’a plus nécessairement besoin de cet outil pour séduire sa clientèle», souligne-t-il. «Le coût par rapport au bénéfice n’est peut-être plus là. Par contre, du point de vue des clients, c’était génial», ajoute-t-il.

Ce dernier concède que la multiplication des plateformes de comparaison de prix, comme Reebee, a peut-être pesé dans la balance de cette décision. 

La semaine dernière, Le Journal écrivait que l’Union des producteurs agricoles a demandé au Bureau de la concurrence du Canada d’ouvrir une enquête concernant Walmart et les hausses de frais à ses fournisseurs.