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Hospitalisations liées à la COVID-19: loin du point de rupture

Québec mettra à jour chaque semaine des projections d’hospitalisations

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Le système de santé va tenir le coup pour au moins quatre semaines, selon de nouvelles projections d’hospitalisations permettant au ministère de la Santé de mieux se préparer à la deuxième vague de COVID-19. L’objectif de ces travaux est d’anticiper le nombre potentiel d’hospitalisations pour les nouveaux cas confirmés dans la semaine à l’étude et de mesurer l’évolution du risque d’hospitalisation. Voici en bref les constats des chercheurs de McGill et de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS).

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Le taux d’hospitalisations est actuellement beaucoup plus faible que lors de la première vague.
Photo d'Archives, Ben Pelosse
Le taux d’hospitalisations est actuellement beaucoup plus faible que lors de la première vague.

LE SYSTÈME DE SANTÉ VA TENIR LE COUP, POUR L’INSTANT

« Nous sommes dans une zone qui permettrait, s’il y a des changements de comportement, d’éviter d’atteindre les capacités maximales. [...] Pour l’instant, nos projections nous montrent que la capacité hospitalière pour l’ensemble du Québec ne devrait pas être atteinte pour les quatre prochaines semaines », a souligné Luc Boileau, PDG de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux.

Le modèle est basé sur les données du ministère de la Santé et étudie chaque cas en fonction de son âge et de ses problèmes de santé.

Pour la semaine du 7 au 13 septembre par exemple, il y a 1978 nouveaux cas, et le modèle estime que 72 cas présentent un risque élevé d’hospitalisation dans les semaines suivantes.


LE RESTE DU QUÉBEC PLUS AFFECTÉ QUE LORS DE LA PREMIÈRE VAGUE

Ce n’est pas une surprise, mais les auteurs du rapport constatent que la deuxième vague frappe davantage à l’extérieur de la région métropolitaine de Montréal.

Lors de la première vague, 24 % des cas confirmés résidaient dans le reste du Québec.

Depuis septembre, c’est 44 %, et au cours de la dernière semaine, 51 %. 

L’INESSS fait d’ailleurs des projections fines pour le reste du Québec, dont la capacité totale de lits d’hôpitaux est plus limitée.

Mais elle ne peut pas le faire pour chacune des régions administratives : avec de trop petits chiffres, les projections sont trop hasardeuses, a expliqué le Dr Boileau. 


TAUX D’HOSPITALISATIONS PLUS FAIBLE QU’AU PRINTEMPS

Le taux d’hospitalisations est actuellement (5 %) beaucoup plus faible que lors de la première vague (12,9 %).

Au cours de la dernière semaine, il chute encore davantage. Cela s’explique par le profil socio-sanitaire des gens qui attrapent la COVID-19.

Comparativement à la première vague, les cas de l’automne sont plus jeunes et ont moins de maladies. Il ne faut toutefois pas se réjouir trop vite.

L’épidémiologiste Mathieu Maheu-Giroux a lancé une mise en garde : « Quand les nouveaux cas sont chez les jeunes, ça ne se transforme pas immédiatement en hausse d’hospitalisations. Mais si je suis jeune et que j’attrape la COVID-19, je risque de la transmettre à d’autres jeunes, et à un certain point, ça va percoler dans les autres tranches d’âge », a-t-il indiqué.  


NE PLUS PRENDRE DE DÉCISIONS À L’AVEUGLE

L’outil va permettre au gouvernement d’ajuster le nombre de lits disponibles pour la COVID et de préparer le réseau de la santé à la deuxième vague.

Au printemps, le nombre de lits disponibles dans les hôpitaux était beaucoup plus élevé, car d’autres juridictions, comme New York ou l’Italie, par exemple, étaient aux prises avec des situations dramatiques, a souligné le Dr Boileau. Québec craignait un bris de service.

Il a maintenant été rééquilibré à environ 2100 lits dans tous les réseaux hospitaliers, car les hôpitaux doivent traiter d’autres maladies que la COVID-19.

Mais ces projections permettront à Québec d’ajuster cette capacité en voyant l’évolution de la deuxième vague.

  • Écoutez le journaliste Alexandre Dubé avec Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

En chiffres 

Le taux d’hospitalisations durant la première vague : 12,9 %

Taux d’hospitalisations actuel : 5 %

Pourcentage des cas confirmés de COVID-19 qui ont 70 ans et plus

  • Première vague : 16 %
  • Actuellement : 8 %

Pourcentage des cas confirmés de COVID-19 qui ont un e forte comorbidité (comme le diabète)

  • Première vague : 25 %
  • Actuellement : 17 %