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Les grandes chaînes discrètes sur le retour des «primes COVID»

Certains détaillants d’alimentation affirment toutefois analyser la situation

Métro de Saint-Eustache
Photo d’archives, Stéphane Sinclair La direction de Metro a préféré ne pas émettre de commentaire. L’entreprise avait instauré une prime de pandémie de 2 $ l’heure durant le confinement.

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Alors que le Québec est entré dans la deuxième vague de la pandémie, les géants de l’alimentation se font plutôt discrets quant à un possible retour des primes temporaires en guise de reconnaissance pour leurs employés.

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Au cours des derniers jours, les enseignes Empire (Sobeys) et Loblaw se sont limitées à dire au Journal que la situation pour les primes sera réévaluée au besoin, selon l’évolution de la COVID-19. 

Lors du confinement, ces deux entreprises canadiennes avaient offert durant plusieurs semaines 2 $ supplémentaires l’heure à leurs employés au front.

Ces avantages se sont terminés au mois de juin, soit lors de la reprise graduelle de l’ensemble des activités au Québec. 

Chez Loblaw, la direction a toutefois tenu à préciser que la prime « n’était pas versée pour des questions de sécurité et n’était pas en lien avec le nombre de cas de COVID-19 dans la population ».  

« Nous avons instauré celle-ci au début de la pandémie afin de reconnaître les efforts extraordinaires de nos employés qui ont travaillé sans relâche dans un contexte exceptionnel, alors que la demande et les besoins de la population étaient grandissants », a affirmé Johanne Héroux, directrice principale, affaires corporatives et communications.

Du côté de Metro, qui avait également instauré un incitatif de 2 $ l’heure durant le confinement, la direction a simplement mentionné qu’elle préférait ne pas émettre de commentaire à ce propos.

Les chaînes ont dû s’expliquer

Au cours des derniers mois, rappelons que les dirigeants de ces trois chaînes ont dû expliquer leur décision concernant le retrait de ces primes au même moment devant le Comité permanent de l’industrie, des sciences et de la technologie de la Chambre des communes.

Quant à Walmart, la compagnie a souligné qu’il n’y a aucune nouvelle prime, du moins pour l’instant.

Le détaillant avait offert à ses travailleurs une prime à versement ainsi qu’une somme supplémentaire de 2 $ l’heure.

La semaine dernière, dans une entrevue avec Le Journal, Couche-Tard a indiqué que la société n’excluait pas l’idée de rétablir la prime horaire de 2,50 $, soit le montant qui a été versé aux salariés au printemps. Aucune décision n’était toutefois encore prise.

Bataille à long terme

Devant la 2e vague de COVID-19, le syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC), qui représente environ 35 000 personnes, demande le retour des primes temporaires pour soutenir les employés dans les commerces qui sont toujours au front.

« Si une entreprise l’offre, cela aura probablement l’effet domino comme la première fois », a noté la porte-parole, Roxane Larouche. « La prime est toutefois un pansement. Ce n’est pas quelque chose qui s’inscrit dans le temps et qui va faire la différence à long terme », poursuit-elle.

Cette dernière estime que la bataille salariale sera davantage lors du renouvellement des conventions collectives.

Le syndicat espère aussi des gains sur le nombre de postes réguliers à travers l’industrie de l’alimentation.

Selon la 1re édition de l’Indicateur de confiance des métiers, publiée lundi dans nos pages, la pandémie a fait grimper la confiance des gens envers certains métiers, comme les caissiers.


Les primes de pandémie chez les épiciers 

  • Le programme de primes chez Empire (Sobeys), Loblaw et Metro s’est échelonné du mois de mars au 13 juin. 
  • Les augmentations salariales pour les travailleurs au front chez Empire, Loblaw et Metro ont été de 2 $ l’heure. Chez Sobeys, le taux horaire des employés a été majoré de 2 $ après 20 heures travaillées. 
  • Québec a offert 400 $ par mois aux travailleurs des services essentiels (600 000 personnes étaient admissibles) afin de compenser la différence entre leur salaire et la Prestation canadienne d’urgence.