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Manque de main-d'oeuvre inquiétant dans les vignobles

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Alors que les vendanges commencent un peu partout au Québec, certains vignerons peinent à trouver du personnel pour cueillir leurs raisins. Une situation qui en inquiète plusieurs. 

«On a moins de travailleurs étrangers et les gens d'ici ne veulent pas travailler. Certains sont supposés venir et ne se présentent pas, ce qui fait qu'on travaille au ralenti et qu'on craint de ne pas pouvoir tout ramasser. Tout ça à cause de la PCU [Prestation canadienne d'urgence]», peste Anthony Carone, propriétaire du Vignoble Carone, situé à Lanoraie, dans Lanaudière.

La saison a pourtant été exceptionnelle pour le raisin, sans trop d'humidité ni de maladie. «Ça sera peut-être le meilleur millésime en 100 ans et on risque de le perdre, c'est vraiment dommage», ajoute Anthony Carone.

Des employés sont également recherchés en urgence au Vignoble Rivière du Chêne, à Saint-Eustache, dans les Basses-Laurentides. «La fin de semaine, on invite les familles à venir vendanger en échange d'un dîner et d'une dégustation, et sur semaine on cherche des employés salariés. Il nous reste encore au moins trois semaines de cueillette», explique Josée Villeneuve, responsable des ressources humaines au sein de l’entreprise.

Convaincre les travailleurs semble certainement plus difficile cette année, selon elle. «La PCU entre en ligne de compte, c'est certain. Les gens nous demandent s'ils peuvent faire seulement deux jours, si on peut les payer autrement qu'en argent, mais on ne commencera pas à faire ça.»

Le 12 septembre, 100 personnes devaient venir vendanger et seulement 50 se sont présentées, raconte Josée Villeneuve. «On a dû affecter des employés à la cueillette, alors qu'ils auraient normalement dû faire autre chose. Quand le raisin est mûr, il faut cueillir!»

En Estrie, au vignoble Le Cep d'Argent, à Magog, le propriétaire Jean-Paul Scieur a lui aussi du mal à recruter des employés pour cueillir ses raisins. «C'est sûrement à cause de la PCU, et aussi des craintes des gens quant à la contagion, mais pourtant on est capable de respecter les distances dans le vignoble.»

Les années passées, le vignoble Le Cep d'Argent offrait la possibilité à des écoles et des groupes de cadets de venir vendanger comme activité de financement. Cette année, ce n'est pas une solution. «Dans le contexte COVID, c'est plus compliqué», dit Jean-Paul Scieur, qui espère quand même réussir à tout récolter. «En ayant commencé plus tôt, on va pouvoir étirer ça. Il n'y a pas d'autre solution, on va faire du mieux qu'on peut!»