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Mon coup de cœur : Khudobin

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Photo AFP Anton Khudobin, des Stars de Dallas, est un sérieux candidat au trophée Conn-Smythe.

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Il y a plusieurs belles histoires au cours des présentes séries éliminatoires, mais mon coup de cœur va à mon ancien coéquipier chez le Wild du Minnesota, l’excellent gardien Anton Khudobin, des Stars de Dallas.  

Pour plusieurs, Khudobin représente une surprise, mais ça fait longtemps que je le connais et je ne suis pas étonné de ses succès. J’ai toujours cru qu’il avait l’étoffe d’un gardien de but numéro un, mais en raison de sa taille de 5 pi 11 po, aucune équipe ne lui a donné cette opportunité. 

D’ailleurs, si le gardien titulaire des Stars, Ben Bishop, était en santé, on ne parlerait probablement pas de Khudobin aujourd’hui. Toutefois, si les Stars gagnaient la coupe Stanley, on devra le considérer pour le trophée Conn-Smythe, remis au joueur le plus utile en séries éliminatoires. 

Et vous savez quoi ? Ça ne pourrait arriver à un meilleur gars. Khudobin est un vrai joueur d’équipe. Il a fait carrière comme auxiliaire, mais ses statistiques sont dignes d’un gardien numéro un et ses coéquipiers l’adorent.

Il trime dur et il est toujours positif. En plus, c’est un gars très drôle et il a le don d’alléger l’atmosphère dans le vestiaire. 

Brillante carrière

C’est une qualité très appréciée chez un gardien réserviste. Donc, même lorsqu’il ne joue pas, il trouve une façon de contribuer aux succès de son équipe.  

Il n’a pas passé beaucoup de temps avec nous au Minnesota, mais je peux vous dire qu’il m’avait drôlement impressionné et en ce sens, il m’a rappelé Tomas Vokoun à mes débuts dans l’organisation du Canadien. J’étais un choix de deuxième ronde et Vokoun, un choix de neuvième ronde. Je croyais que j’allais « manger » Vokoun, mais il était excellent et il a connu une brillante carrière. 

Lors de ma seule saison au Minnesota, j’ai partagé le filet avec Niklas Backstrom, mais après s’être blessé, Khudobin a été rappelé du club-école du Wild, les Aeros de Houston, et il m’avait épaté. Il était un compétiteur féroce qui faisait tout pour arrêter chaque rondelle, un peu à la Tim Thomas ou à la Dominik Hasek. 

Solide en tout temps

Il a été apprécié partout où il a joué, que ce soit au Minnesota, à Boston, en Caroline, à Anaheim ou à Dallas. Son taux d’efficacité en carrière est de ,919 en saison régulière et de ,923 en séries éliminatoires.

C’est du solide. 

En 30 matchs cette saison, il a arrêté 93 % des tirs dirigés sur son filet et il ne faut pas s’étonner de ses succès en séries. 

La cause des petits gardiens 

À une époque où les équipes recherchent des géants devant le filet, j’espère que Khudobin va faire réfléchir certains directeurs généraux. On ne renversera pas la tendance, mais Khudobin démontre qu’il est encore possible pour un petit gardien de connaître du succès. À 34 ans, il a encore ses réflexes de jeunesse. C’est impressionnant. 

Ce que j’aime aussi chez Khudobin, c’est qu’il n’a pas changé de style. Il joue comme à l’époque. Il lit et réagit selon la situation. Il ne tombe pas systématiquement sur les genoux à chaque tir et il n’utilise pas obligatoirement les techniques modernes de protection du poteau. Bref, il se sert de son expérience et de son intelligence du jeu. 

Il est vrai que les gardiens de petite taille ne peuvent pas tricher, mais il y a encore des gardiens imposants qui ne sont pas des robots, notamment le gagnant du trophée Vézina cette saison, Connor Hellebuyck, ainsi que Carey Price, mais j’aimerais en voir davantage. 

Mon cœur est avec Khudobin. Je lui souhaite la coupe Stanley et un bon contrat pour la saison prochaine. Il pourrait être une belle option pour l’Avalanche du Colorado, où il formerait un bon duo avec Philipp Grubauer. Il cadrerait bien aussi chez les Red Wings de Detroit avec Jonathan Bernier. 

– Propos recueillis par Gilles Moffet 

Entrefilets

Radulov impressionne 

Une autre raison pour laquelle je souhaite une victoire des Stars de Dallas est la contribution d’Alexander Radulov. Il a souvent été critiqué, mais au moins il se présente sur la patinoire et il est en train de faire taire ses détracteurs, un peu comme Alex Ovechkin l’a déjà fait. J’aurais tant aimé qu’il reste à Montréal. 

Distinction méritée pour Hellebuyck 

Connor Hellebuyck était mon choix pour le trophée Vézina et je suis heureux qu’il l’ait gagné. Quelle saison il a connue avec les Jets de Winnipeg et c’était la deuxième fois qu’il se retrouvait parmi les finalistes. Ses statistiques sont inférieures à celles de Tuukka Rask, mais il ne jouait pas derrière une défensive aussi étanche que celle de Boston. Plus important, Rask n’a joué que dans 41 matchs, comparativement à 58 pour Hellebuyck. Andrei Vasilevskiy a obtenu plus de victoires, mais on s’entend que le Lightning est une équipe nettement supérieure aux Jets.  

Draisaitl, le meilleur ? 

Leon Draisaitl a connu toute une saison avec les Oilers d’Edmonton et je comprends qu’on lui ait décerné le trophée Hart, mais à mon avis, Nathan MacKinnon a eu plus d’impact au Colorado que Draisaitl à Edmonton. Chose certaine, MacKinnon est un joueur plus complet. 

Suzuki, véritable étoile 

Nick Suzuki a été choisi au sein de l’équipe d’étoiles des recrues et il l’a bien mérité. Cet honneur est parfois trompeur, toutefois. Certaines « étoiles » recrues sont de bons joueurs, mais sans plus. Dans le cas de Suzuki, on parle d’un joueur dominant et j’ai hâte de le voir la saison prochaine.