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Au diable les énormes déficits

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, au cours de son discours à la nation, hier.
Capture d'écran, TVA Nouvelles Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, au cours de son discours à la nation, hier.

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« L’heure n’est pas à l’austérité. » Que les opposants au gouvernement de Justin Trudeau se le tiennent pour dit. Au diable les énormes déficits, le gouvernement Trudeau va continuer de mettre en place d’onéreuses mesures en vue de soutenir les particuliers et les entreprises tant et aussi longtemps que perdurera la guerre contre la COVID-19.

L’allocution du discours du trône qu’a lue hier la gouverneure générale du Canada, Julie Payette, laisse clairement présager que ça ne dérange aucunement le gouvernement Trudeau de rester dans le rouge foncé par-dessus la tête pendant fort longtemps.

Avec Trudeau au pouvoir depuis 2015, les déficits coulent comme l’eau sur le dos d’un canard, chaque exercice financier s’étant bouclé dans le rouge.

Et il ne faudrait pas se surprendre de voir le déficit de l’année en cours grimper substantiellement par rapport à l’énorme déficit de 343 milliards $ déjà prévu lors de la mise à jour économique de juillet dernier.

Si la panoplie de nouvelles mesures promises dans son discours du trône devient réalité, le gouvernement Trudeau pourrait se ramasser dans le trou de 400 milliards $.

LE PÉRIL DES TAUX D’INTÉRÊT

Cela ne semble aucunement l’inquiéter en cette période de bas taux d’intérêt. La dette fédérale aura beau augmenter substantiellement, ça ne coûtera pas cher en frais d’intérêt pour la financer, se dit Trudeau.

Un raisonnement à courte vue... car lorsque les taux remonteront, un de ces jours, ça va coûter les yeux de la tête !

Jusqu’à présent, on évalue à 763 milliards de dollars l’ensemble des mesures de soutien direct (240 milliards $) et indirect (523 milliards $) que Trudeau a accordé aux travailleurs, aux familles et aux entreprises en vue de les aider financièrement en cette période de guerre contre la COVID-19. 

Pour vous montrer à quel point Trudeau mise plus sur les dépenses de soutien gouvernemental que le rééquilibre budgétaire, sachez que le mot « soutenir » a été utilisé à 19 reprises dans le discours du trône et le mot « soutien » à six reprises.

Pendant ce temps-là, les mots « déficit » et « dette » n’ont été utilisés qu’une fois chacun !

NOUVELLES MESURES

Comment le gouvernement Trudeau entend-il « soutenir » les particuliers et les entreprises au cours des prochains mois, et ce, en vue de vaincre cet « ennemi aussi insidieux » qu’est la COVID-19.

« Nous devons relever les défis avec détermination. Sur tous ces fronts – la santé et l’économie, l’égalité et l’environnement –, nous devons agir en faisant preuve d’audace. »

Protéger les Canadiens de la COVID-19 c’est la priorité absolue. La meilleure façon de mettre fin à cette pandémie est de disposer d’un vaccin sûr et efficace. « La stratégie du Canada en matière de vaccins vise à garantir que les Canadiens pourront se faire vacciner dès que le vaccin sera au point. », promet le gouvernement Trudeau.

Grand objectif économique de Trudeau : créer plus d’un million d’emplois.

Comment ? En faisant des investissements directs dans le secteur social et les infrastructures, en offrant une formation immédiate pour permettre aux travailleurs d’acquérir rapidement des compétences, et en mettant en place des mesures incitant les employeurs à embaucher et à conserver leurs travailleurs.

Pour y parvenir, Trudeau prolongera notamment la Subvention salariale d’urgence du Canada jusqu’à l’été prochain. Pour leur part, les prestataires de la PCU passeront au régime d’assurance-emploi. Et pour ceux qui n’ont pas droit à l’assurance-emploi en temps normal, le gouvernement a créé temporairement la « Prestation canadienne de la relance économique ».

Des mesures d’aide pour les industries les plus durement touchées seront offertes pour l’industrie du voyage et du tourisme, l’industrie de l’accueil et les industries culturelles comme les arts de la scène.

Le gouvernement va établir le « Plan d’action pour les femmes dans l’économie » pour aider plus de femmes à retourner sur le marché du travail.

Il veut aussi mettre en place un système d’apprentissage et de garde des jeunes enfants à l’échelle du Canada. Et il continuera de mousser les avantages de créer un régime national universel d’assurance-médicaments au pays. Etc. Etc.

C’est dans l’imminent premier « budget » de la nouvelle ministre des Finances, Chrystia Freeland, que l’on découvrira le coût des nouvelles mesures anti-COVID que le gouvernement Trudeau offrira bientôt.