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Délégation du Québec à Dakar: la divulgation des informations pourrait nuire à la sécurité de l’État

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Photo Agence QMI Fatima Houda-Pepin, Ex-déléguée

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La sécurité de l’État pourrait être compromise et les relations du Québec avec l’Afrique mises en péril si les informations entourant la gestion de la délégation du Québec à Dakar étaient rendues publiques.

C’est la justification donnée par le ministère des Relations internationales (MRIF) à notre Bureau parlementaire pour expliquer son refus catégorique d’avoir accès aux rapports et aux correspondances de l’administrateur expert dépêché au Sénégal pour enquêter sur la gestion de la délégation après la nomination de Fatima Houda-Pepin. 

Rappelons que cette dernière a été congédiée le mois dernier de son poste de déléguée générale du Québec à Dakar. 

Dans sa décision, la responsable de l’accès à l’information du MRIF n’y va pas de main morte. «Un organisme public doit refuser de confirmer l’existence ou de donner communication d’un renseignement dont la divulgation aurait pour effet de porter atteinte à la sécurité de l’État», peut-on lire.

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Transparence

Plus encore, la divulgation de ces informations «porterait vraisemblablement préjudice» à la conduite des relations entre le gouvernement du Québec et un autre gouvernement ou une organisation internationale, insiste-t-on. 

Le MRIF plaide également la protection de ses méthodes d’enquête et le privilège des membres de l’Assemblée nationale pour refuser notre requête.

Rappelons que l’opposition a demandé au gouvernement Legault que le rapport d’enquête soit rendu public. Les partis politiques veulent davantage de transparence au sujet la «nomination partisane» de l’ex-députée Fatima Houda-Pepin qui s’est transformée en «démotion politique».

Même la principale intéressée a réclamé que la lumière soit faite sur son congédiement, qu’elle estime injuste. Chassée de son poste de déléguée générale à peine huit mois après son arrivée, l’ex-politicienne soutient que c’est à sa demande que le MRIF a envoyé un inspecteur enquêter sur la gestion de la délégation. Elle a aussi exigé que le rapport d’enquête soit rendu public. 

Règne tourmenté

Plusieurs congédiements et démissions avaient suivi l’arrivée en poste de l’ex-députée de La Pinière dans la capitale du Sénégal, en septembre 2019. On lui reprochait notamment de résider dans un hôtel à environ 200 $ la nuit plutôt que d’habiter sa résidence officielle à Dakar, dont le loyer payé par les contribuables était de 13 800 $ par mois.

Le mandat de Mme Houda-Pepin comme déléguée générale du Québec à Dakar a pris fin le 6 août dernier à la suite d’une «procédure administrative». 

– Avec la collaboration de Marie-Christine Trottier