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Lock-out déclenché à l’immense complexe Jean Coutu de Varennes

L’enjeu de la sous-traitance au cœur des négociations avec les 680 syndiqués

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Les 680 employés syndiqués du centre de distribution de Jean Coutu de Varennes, qui approvisionne plus de 400 pharmacies, se sont cogné le nez contre la porte en se rendant au travail, jeudi matin, après une grève de 24 heures.

« À mon réveil, mon téléphone était rouge de notifications. J’ai appris que l’employeur avait eu l’attitude de mauvais perdant. Je me suis senti trahi », a confié au Journal Shawn Vermette Tassoni, un assembleur de l’entrepôt qui travaille de soir, depuis plus de quatre ans. 

Selon le syndicat, l’aspect financier n’est pas en cause. Les employés craignent plutôt que l’arrivée de Brunet dans la famille Jean Coutu pousse l’employeur à faire appel aux agences de placement. 

  • Écoutez l'entrevue d'Audrey Benoît au micro de Mario Dumont, sur QUB Radio:  

« On craint que l’employeur ouvre grande la porte à la sous-traitance. On estime aussi que l’ancienneté n’est pas respectée », a déploré au Journal Audrey Benoit, présidente du Syndicat des travailleurs et travailleuses de l’entrepôt Pharmacie Jean Coutu (CSN). 

Malgré le climat tendu, les syndiqués se sont dits prêts à négocier avec l’employeur pour régler le conflit de travail.

« La décision de l’employeur est difficile à comprendre parce qu’il venait tout juste d’accepter de négocier dès dimanche prochain, en présence du conciliateur », a ajouté Audrey Benoit, qui y travaille depuis 11 ans.

Les syndiqués du centre de Varennes ont qualifié hier le lock-out de « coup de force inutile de Jean Coutu qui risque de créer des problèmes d’approvisionnement en médicaments dans ses pharmacies ». Ici, quelques-uns d’entre eux, sur la ligne de piquetage, jeudi.
Photo Pierre-Paul Poulin
Les syndiqués du centre de Varennes ont qualifié hier le lock-out de « coup de force inutile de Jean Coutu qui risque de créer des problèmes d’approvisionnement en médicaments dans ses pharmacies ». Ici, quelques-uns d’entre eux, sur la ligne de piquetage, jeudi.

Médicaments

Jeudi, Metro, propriétaire de Jean Coutu, a assuré que le lock-out n’affecterait pas l’approvisionnement en médicaments dans les quelque 400 succursales du Québec.

« Nous avons décidé d’implanter notre plan de contingence, ce qui va assurer la continuité au niveau de l’approvisionnement de nos pharmacies », a indiqué Marie-Claude Bacon, vice-présidente aux affaires publiques et aux communications sur les ondes de LCN. 

« On est en période de pandémie. On ne peut pas opérer dans un contexte imprévisible », a-t-elle ajouté.

En journée, la haute dirigeante de Metro s’est dite déçue de la tournure des événements.

« On a essayé de faire rentrer nos cadres, ce que nous avons tout à fait le droit de faire, et le syndicat nous a barré le passage pour accéder au centre », a dénoncé au Journal Marie-Claude Bacon.

Craintes infondées

La vice-présidente a du même souffle insisté pour dire que les craintes du syndicat concernant la sous-traitance ne sont pas fondées.

« Ils n’ont pas raison de s’inquiéter », a-t-elle insisté quand Le Journal lui a demandé si l’entreprise prévoyait ou non y recourir comme l’appréhendent les syndiqués.

En fin de journée, les négociations prévues pour dimanche ont été devancées pour que les deux parties puissent s’entendre sur une sortie de crise.

– Avec la collaboration de TVA Nouvelles

Centre de distribution de Jean Coutu 

  • Pieds carrés : 860 500 (avec le siège social)
  • Investissement : 190 M$
  • Employés déplacés : 1100

Bâtiment

  • Centre d’entraînement
  • Piscine
  • Cafétéria
  • Garderie
  • Atrium de trois étages

Jean Coutu

  • Fondation : 1969
  • Établissements : 415
  • Provinces : Québec, Nouveau-Brunswick et Ontario

Source : Jean Coutu et CANAM