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Les sinistrés de la rivière Lorette réclament leur mur

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Denis Lavoie, président du Regroupement Sinistrés Entraide, lance un appel pour que les travaux d’installation du mur anti-crue de la rivière Lorette débutent au printemps.

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Après 15 ans de lutte, les riverains de la rivière Lorette en ont assez de vivre dans la crainte d’une inondation et demandent que le mur anti-crue promis depuis des années soit enfin installé.

• À lire aussi: Lettre de sinistrés de L’Ancienne-Lorette

«On peut-tu régler le problème une fois pour toutes? Et nous autres, on va dormir tranquilles. Quinze ans de ma vie hypothéqués pour ça. Je fermerais les livres. Des mesures temporaires, c’est temporaire. Aux fortes pluies, on est toujours là, à veiller la rivière.»

En entrevue au Journal, Denis Lavoie parle en son nom et au nom des dizaines de citoyens qui ont été affectés par les débordements de la rivière Lorette. Le premier incident majeur s’est produit le 26 septembre 2005. Il y aura 15 ans, jour pour jour, demain. 

Cri du cœur

Dans une sortie publique et une lettre d’opinion, le président du Regroupement Sinistrés Entraide lance un cri du cœur afin que le mur anti-crue soit installé d’ici le printemps. Il permettra de protéger de façon permanente les résidences des soubresauts de la rivière. 

«Les autorités provinciales et municipales doivent se “mouiller” une fois pour toutes. Moi, c’est déjà arrivé à quelques occasions», ironise-t-il dans sa lettre.

La solution est passée bien près de se concrétiser, en 2017, mais la Ville de Québec, à la suite des recommandations faites par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, a jugé les travaux trop onéreux. 

Depuis, silence radio, déplore M. Lavoie. «C’est tellement compliqué de parler à quelqu’un!» 

Améliorations

L’agglomération de Québec a investi plus de 40 millions $ déjà pour diverses améliorations : nouveau poste de pompage, deux bassins de rétention, deux ponts reconstruits. Ces infrastructures ont aidé, convient Denis Lavoie. 

La Ville a aussi versé 15 millions $ en indemnisations pour l’inondation de 2005. Un recours est toujours pendant pour celle de 2013.

Mais la pièce de résistance, le mur anti-crue, qui permettrait aux riverains de dormir sur leurs deux oreilles, se fait toujours désirer. 

En attendant, comme il le fait depuis une quinzaine d’années, M. Lavoie est branché sur les prévisions météo. Il se lève, la nuit, avec d’autres voisins, pour faire une ronde de surveillance, pendant les fortes pluies. 

Les sacs de sable, installés sans autorisation par l’ancien maire de L’Ancienne-Lorette, Émile Loranger, en 2013, sont toujours en place, solution temporaire devenue permanente.

Ras le bol

Les citoyens qui tolèrent cette digue sur leur terrain depuis des années en ont ras le bol, glisse le président du Regroupement. Certains ont menacé de l’enlever, si rien ne bouge. 

Dans le quartier, on est inquiet pour la perte de valeur des maisons. 

«Tout le monde est tanné», laisse tomber Denis Lavoie. «On est tannés d’être dans l’ignorance. Qu’ils fassent les travaux au plus sacrant. Ils attendent quoi? Les élections? Ça ne devrait pas être un enjeu électoral.»

Des questions ont été posées, en février, à l’administration Labeaume. Les sinistrés attendent toujours des réponses. «Je suis surpris de n’avoir aucun retour après 15 ans. C’est une question de sécurité publique», laisse tomber Denis Lavoie.