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Deux blessés à l'arme blanche à Paris près des anciens locaux de Charlie Hebdo

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PARIS | Un homme a attaqué, vendredi, au hachoir deux personnes en pleine rue, à côté des anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris, pendant le procès des complices des auteurs du massacre de janvier 2015 de la rédaction de cet hebdomadaire satirique qui critiquait l’islamisme. 

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La justice antiterroriste s’est saisie de l’affaire qui a ravivé, en France, le douloureux souvenir de l’année 2015, marquée notamment par les attaques de janvier contre Charlie Hebdo, et celles, encore plus meurtrières, du 13 novembre. 

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Les deux blessés travaillent pour une société de production, Premières Lignes, mais leurs vies ne sont «pas en danger», a déclaré le premier ministre Jean Castex, arrivé sur place rue Nicolas-Appert, dans l’Est parisien, quadrillée de dizaines de policiers armés.

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«Cela s’est passé vers 11h45 (heure locale), un homme est arrivé et a attaqué avec un hachoir deux salariés qui fumaient devant l’immeuble, un homme et une femme», a déclaré à l’AFP Paul Moreira, fondateur et codirigeant de Premières Lignes. «L’homme et la femme ont été tous les deux très grièvement blessés», a-t-il ajouté.

Un «auteur principal» a été interpellé par la police, non loin du lieu de l’attaque, selon le procureur national antiterroriste Jean-François Ricard et une deuxième personne a été placée en garde à vue. Des «vérifications» sont en cours sur ses «relations» avec le premier homme interpellé.

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Le premier suspect est âgé de 18 ans et serait né au Pakistan, selon les premiers éléments de l’enquête, et le second est âgé de 33 ans, selon une source proche du dossier.

L’enquête est ouverte pour «tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste criminelle». 

«C’est tellement tragique de voir de nouveau des images d’une attaque (rue) Nicolas-Appert, cinq ans et demi après celle contre Charlie. Cette violence est un danger pour nous tous, en France et ailleurs», a réagi sur Twitter le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire.

Jean Castex a exprimé l’«attachement indéfectible» du gouvernement «à la liberté de la presse, sa volonté résolue par tous les moyens de lutter contre le terrorisme».

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Auteur principal arrêté

La rédaction de Charlie Hebdo, installée dans un lieu tenu secret et sous haute protection depuis l’attaque islamiste qui avait décimé sa rédaction, a apporté sur Twitter «son soutien et sa solidarité à ses anciens voisins et confrères PLTVfilms et aux personnes touchées par cette odieuse attaque».

Cette agence de presse, voisine de Charlie, avait été témoin, en janvier 2015, de l’attaque menée par les frères djihadistes Kouachi contre l’hebdomadaire.

Cinq écoles abritant des milliers d’élèves ont été un temps confinées dans le périmètre.

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«Vers midi, on est allé faire une pause déjeuner au restaurant. En arrivant, la patronne s’est mise à crier “partez, partez”, il y a un attentat... On est parti en courant s’enfermer et rester à l’intérieur de notre boutique avec quatre clients», a raconté à l’AFP Hassani Erwan, 23 ans, un coiffeur installé à proximité.

Cette attaque survient pendant le procès des complices des frères Kouachi qui avaient massacré 12 personnes le 7 janvier 2015, ouvrant une séquence noire de trois jours. Le lendemain, un autre djihadiste, Amédy Coulibaly, tuait une policière en banlieue parisienne, puis quatre hommes juifs dans l’attaque du magasin Hyper Cacher à Paris. Tous trois seront abattus dans deux opérations distinctes le 9 janvier.

Cette série d’attentats avait saisi la France et eu un retentissement mondial, débouchant notamment sur une manifestation monstre contre le terrorisme le 11 janvier, rassemblant de très nombreux dignitaires étrangers.

Vendredi, le président du Conseil européen, Charles Michel, a affirmé sur Twitter sa «pleine solidarité avec le peuple français», tout comme le premier ministre italien Giuseppe Conte, face à ce «vil attentat».

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Nouvelles menaces contre Charlie

La rédaction de Charlie Hebdo fait l’objet de nouvelles menaces depuis que l’hebdomadaire a republié des caricatures de Mahomet le 2 septembre, pour l’ouverture du procès, prévu jusqu’au 10 novembre, des attentats de 2015.

Après une courte suspension du procès, l’audience a repris sans aucune mention par la cour d’assises spéciale de Paris de cette attaque, selon une journaliste de l’AFP.

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En début de semaine, la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo, Marika Bret, avait été exfiltrée de son domicile en raison de menaces jugées sérieuses.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait alors demandé à ce «qu’on puisse réévaluer les menaces qui pèsent sur les journalistes et les collaborateurs de Charlie Hebdo».

Une centaine de médias, journaux, magazines, chaînes de télévision et radios ont publié en réaction, mercredi, une lettre ouverte appelant les Français à se mobiliser en faveur de la liberté d’expression.