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Trump gagnant même en cas d’égalité?

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Plus tôt cette semaine, le président a refusé de confirmer qu’il accepterait les résultats de l’élection du 3 novembre. Les réactions n’ont pas tardé et même des républicains ont tenté de calmer le jeu, promettant une transition pacifique du pouvoir.

Les propos de Donald Trump, les manifestations omniprésentes et le contexte particulier de la pandémie contribuent au climat de suspicion dans lequel baigne la présidentielle 2020. Si on craint également la fraude électorale ou l’ingérence de puissances étrangères, j’ajoute aujourd’hui mon grain de sel en évoquant un scénario peu probable.

Fort de sondages favorables, Joe Biden mène la course. Nous savons cependant qu’on ne peut exclure une nouvelle victoire de Donald Trump, même s’il perdait une fois de plus le vote populaire. 

Une égalité le 3 novembre

Une victoire par une marge restreinte d’un des deux candidats entraînerait fort probablement des manifestations. J’ose à peine imaginer les remous qu’entraînerait une égalité au collège électoral. Si les probabilités de parvenir à un total de 269 grands électeurs pour chacun des candidats paraissent infimes, on ne peut les ignorer. 

Tentez de vous représenter les tensions ressenties par les équipes de Trump et Biden si on parvenait à un résultat semblable le 3 novembre. Dans cette éventualité, les démocrates seraient les plus inquiets. L’élection se jouerait alors à la Chambre des représentants. Aucun stratège ne souhaite en arriver là.

À la Chambre de trancher

Où est le problème? Les démocrates ne sont-ils pas majoritaires dans cette Chambre? Oui! Mais lors du vote qui déterminerait le gagnant, ce ne sont pas les 435 représentants qui s’exprimeraient. 

À ce moment précis, chacun des 50 États pourrait bien ne disposer que d’une seule voix. Il n’y aurait alors plus de distinction entre la Californie et le Montana qui se situent aux antipodes de la représentation fixée selon le poids démographique.

Il y a fort à parier qu’en cas d’égalité, Donald Trump conserverait son poste. Il est possible d’envisager qu’il obtiendrait le vote de 26 (sous contrôle républicain) des 50 États. 

Les démocrates remportent un nombre considérable de représentants à la Chambre parce qu’ils s’imposent dans des États populeux de la côte ouest ou du nord-est, mais les républicains s’imposent dans plus d’États au total.

Comme vous le constatez régulièrement, le système américain est complexe et il entraîne un nombre appréciable de situations délicates. Alors que la polarisation est à son paroxysme et que plusieurs sont inquiets, une victoire de Donald Trump obtenue dans ces circonstances apporterait de l’eau au moulin des 51 % d’Américains qui souhaitent l’abolition du collège électoral.

Le scénario avancé ici est tiré par les cheveux, mais il permet malgré tout de présenter les méandres du système et le caractère vétuste du collège électoral. Parions que rien ne changera dans un avenir rapproché, ne serait-ce que parce que les républicains s’opposeront à toutes modifications qui les relégueraient constamment dans l’opposition.