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15 piastres pour une slush et une bataille

Bagarre, Remparts accueillent les Mooseheads Halifax, Centre Videotron, Quebec, 29 fevrier 2020. Photo PASCAL HUOT / JOURNAL DE QUEBEC / AGENCE QMI
Photo d'archives, Pascal Huot La bagarre a éclaté entre les Remparts de Québec et les Mooseheads de Halifax, en février dernier.

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Pour ou contre l’abolition des bagarres dans le hockey junior ? Laisser tomber la question, c’est laisser tomber les gants. Le débat sans fin ne fera jamais consensus. 

Personnellement je suis pour. Un enfant de 16-17 ans qui réfléchit pendant des heures en autobus à comment il va faire pour gagner son poste en pétant le nez à un adulte de 18-19-20 ans, ça ne fait aucun sens. Faire ça dans la rue, tu finis en prison. Faire ça sur la glace, tu finis millionnaire. Cet appât du gain est abject, mais comme la grosse ligue de Gary fait la sourde oreille... 

Point positif à tirer de la COVID, le levier que détient la ministre déléguée à l’Éducation, Isabelle Charest, devant la quête des équipes de la LHJMQ, dont la survie est dans certains cas menacée en raison des pertes engendrées par la tenue de leurs activités à huis clos.

Invraisemblable, mais vrai, huit gouverneurs sur 18 ont voté contre le très léger durcissement des sanctions en cas de bagarre. Dix minutes de mauvaise conduite ajoutées aux cinq minutes pour s’être battu et une suspension à la sixième bagarre dans la même saison plutôt qu’à la 11e.

Depuis quatre ans, à seulement quatre reprises, un joueur s’est battu plus de cinq fois dans une même saison. L’an dernier, la ligue a puni pour s’être battu à seulement 124 occasions. Il y a une attrition naturelle, mais la ministre veut plus que ça. À sa place, je ferais pareil.

Quatre clubs québécois contre

Ainsi, quatre des 12 équipes du Québec sont contre le projet. La ministre a mal accueilli le verdict. Elle a écrit aux 12 propriétaires québécois du circuit. Elle campe sur ses positions. Paraît que le vote de la semaine prochaine sur la même question fera l’unanimité... 

Gilles Courteau rate néanmoins dans ce dossier une excellente occasion de marquer le pas des trois ligues juniors canadiennes, les seuls circuits de développement au monde à permettre encore les bagarres. 

Pourquoi ? Les clubs récalcitrants ne le disent pas assez. Pour continuer de vendre des tickets. Ces mêmes équipes qui se targuent de former les citoyens de demain, conscients que 98 % de leurs joueurs auront éventuellement besoin d’un emploi à l’extérieur d’une patinoire pour se loger et se nourrir. 

Les tenants du contre apportaient des arguments « hockey » pour justifier leur position. Bullshit ! 

Étonnamment, les quatre formations québécoises qui ont voté contre le projet en première instance sont parmi celles qui ont le plus besoin de l’aide d’urgence du gouvernement. 

Pleurer pour de l’aide

Gatineau est l’une de ces équipes. Cette même organisation qui braille sur la place publique depuis plusieurs années afin d’avoir du fric de l’État pour son nouveau building

Ensuite qui braille pour pluss de fric de l’État pour un plusss beau et plussss gros building. Ensuite plusssss de fric de l’État à cause de la COVID qui a fait dérailler le train de construction du nouveau building... 

Ah oui, le building en question va s’appeler le Centre Slush Puppie. Ça ne s’invente pas : 15 piastres pour une slush pis une bataille...  

Coup de cœur  

Bagarre, Remparts accueillent les Mooseheads Halifax, Centre Videotron, Quebec, 29 fevrier 2020. Photo PASCAL HUOT / JOURNAL DE QUEBEC / AGENCE QMI
Photo d'archives. AFP

Gary bettman. Quand c’est tout croche, je l’écris, quand c’est une réussite je me dois de le faire aussi. Le pari des villes bulles à Toronto et à Edmonton est gagné. Aucun cas positif à la COVID-19 au moment d’écrire ces lignes et le risque est à son plus bas avec seulement deux équipes restantes en Alberta. Le défi de la prochaine saison risque toutefois d’être une tout autre histoire... 

Coup de gueule  

Aux décideurs du football universitaire québécois. On arrive à mettre sur pied une saison de hockey junior, des saisons de football collégial etc., mais on annule la saison de football universitaire ? Tout ça alors que les universités ne sont pas pour la plupart en présentiel. Et comment a-t-on pu octroyer un droit de vote à des universités qui n’ont pas de programme de football ? Risible... 

Un p’tit 2 sur...  

Une victoire de l’Impact d’ici la fin du calendrier de la MLS. Je sais, c’est un pari très audacieux, voire risqué. Mais comme j’aime cette équipe, je me bande les yeux et refuse de voir que tout est tout croche. Respect aux joueurs des équipes canadiennes tenus en otage loin des leurs pour disputer une saison tordue, un déséquilibre important par rapport aux clubs américains qui vivent une saison presque normale.