/news/consumer
Navigation

Autonomie alimentaire: les marchés publics ont la cote

L’achat direct et la consommation locale ont gagné en popularité depuis le début de la pandémie

Vincent Audibert et Marie-Pier Rousseau, qui tient dans ses bras
Photo Diane Tremblay Vincent Audibert et Marie-Pier Rousseau, qui tient dans ses bras le jeune Arthur pendant que leur fils aîné, Émile dont on voit le haut de la casquette, joue aux explorateurs, récupèrent leur panier maraîcher une fois par semaine à un point de cueillette établi par le producteur, à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Coup d'oeil sur cet article

Les marchés publics, les paniers bio et la vente à la ferme n’ont jamais été aussi populaires qu’au cours des derniers mois. La prise de conscience collective sur la nécessité d’accroître notre sécurité alimentaire gagne du terrain au Québec, dans un contexte de pandémie.

• À lire aussi: Vers un Québec indépendant en fruits et légumes toute l’année

Le désir d’être plus autonome en matière d’alimentation se fait sentir de nombreuses façons. Même si les ventes des supermarchés continuent d’être en croissance – les ventes ont totalisé 21 G$ l’an dernier au Québec –, la vente directe est de plus en plus populaire. 

À l’Association des marchés publics du Québec (AMPQ), le nombre de membres est passé de 123 à 131 cette année. 

« C’est assez unanime. L’achalandage était plus important cet été. Les producteurs qui ont vendu dans des marchés publics ont fait de bonnes affaires dans les produits de base, mais on n’est pas encore à l’heure du bilan », a affirmé Jean-Nick Trudel, directeur général. 

Au Québec, on compte plus de 1180 producteurs présents dans les marchés publics, en plus des 292 fermes comme Les Jardins de la Chevrotière qui offrent des paniers selon la formule de l’agriculture soutenue par la communauté.

À cela s’ajoutent plus de 5000 producteurs, comme Patrick C. Collin de la ferme Manche de pelle, qui réalisent des ventes directement à la ferme.

« Même si on a un guide des mesures sanitaires bien strict que l’on suit à la lettre, notre expertise, c’est le contact de proximité entre les producteurs et les consommateurs, et ce n’est pas une pandémie qui va limiter ça, au contraire. On est dans un grand développement et il y a de belles années devant nous pour que les marchés publics soient plus importants encore », a ajouté M. Trudel. 

Un mode de vie

Manger local n’est pas un phénomène passager selon lui. 

« Ce n’est pas une mode. C’est un mode de vie qui était comme ça avant et qui revient. On le voit dans différents indicateurs. On sent l’engouement pour les paniers en agriculture. On voit les gens qui décident d’agrandir leur potager et d’autres qui choisissent de faire leur pain. [...] On voit que les pots Mason sont une denrée rare parce qu’il y a plus de monde qui fait des conserves », a poursuivi M. Trudel.

« Les gens reviennent à l’essentiel, et c’est tant mieux, surtout pour l’alimentation. C’est important de pouvoir avoir une sécurité alimentaire à l’échelle de la province, mais aussi au niveau des communautés pour prendre soin de nous collectivement », dit-il.

Abonnés aux paniers bio

Marie-Pier Rousseau et son conjoint, Vincent Audibert, ont déjà été abonnés à un panier de légumes, il y a plusieurs années. Avec la COVID-19, ils ont renoué avec cette habitude. 

« Pendant le confinement, on voyait que c’était plus difficile d’aller dans les épiceries. La distribution, c’était plus difficile aussi. De cette façon, on s’assure d’un approvisionnement régulier et de qualité », a confié Mme Rousseau.

« De plus en plus, c’est important pour nous de consommer localement. Avec le contact qui s’est établi avec notre producteur, on dirait que ça ajoute une plus-value aux légumes que l’on consomme. C’est valorisant autant pour le producteur que pour le consommateur. Ça devient moins impersonnel. On fait plus attention aux produits parce qu’on est conscient des efforts que les producteurs mettent », a poursuivi la jeune mère de famille. 

Un enthousiasme bien senti

 Le directeur général de l’Association des producteurs maraîchers du Québec (APMQ), Jocelyn St-Denis, constate un enthousiasme bien senti pour les fruits et les légumes d’ici.

« Les consommateurs sont au rendez-vous et ils aiment la fraîcheur locale », affirme M. St-Denis.

Toutefois, le prix est souvent le premier critère de décision, dans les grandes chaînes d’alimentation. 

« Le consommateur va acheter québécois en autant que le produit n’est pas plus cher que celui qui vient d’ailleurs », soutient M. St-Denis.

Pour l’APMQ, la sécurité alimentaire ne peut se faire sans l’engagement des consommateurs, de l’État et des producteurs.