/news/consumer
Navigation

Autonomie alimentaire: nouveaux tarifs d'électricité pour les serres de la province

x
Photo courtoisie Québec veut favoriser les productions en serre comme celle-ci en réduisant ses tarifs d’électricité.

Coup d'oeil sur cet article

Profitant de la volonté du gouvernement Legault d’accroître le nombre de serres dans la province, Hydro-Québec tente de donner un coup de main tout en cherchant à accroître ses parts de marché.

• À lire aussi: Vers un Québec indépendant en fruits et légumes toute l’année

En juillet, la société d’État a déposé une demande à la Régie de l’énergie afin de bonifier son offre tarifaire aux exploitants de serres, une requête traditionnelle de l’industrie. 

Sa demande prévoit une réduction de 0,10 $ à 0,0559 $ du tarif moyen le kilowattheure (kWh), un tarif qui s’appliquera dorénavant tant à l’éclairage de photosynthèse qu’au chauffage des serres.

En raison de tarifs jusque-là moins avantageux, la plupart des serres de la province – y compris bon nombre de fermes biologiques – s’alimentent encore surtout de sources fossiles, comme le gaz naturel, le propane et le mazout. Or, tout en n’offrant une efficacité énergétique que de 60 %, le mazout est le dérivé pétrolier qui produit le plus de gaz à effet de serre, souligne le directeur général des Producteurs en serre du Québec, Claude Laniel.

Au plus grand nombre

Ce tarif préférentiel était déjà appliqué aux 10 plus grands exploitants de serres au Québec. La demande d’Hydro-Québec cherche à étendre ce tarif au plus grand nombre en en abaissant son admissibilité aux producteurs dont l’appel de puissance est d’au moins 50 kilowatts (kW). Le seuil actuel est de 300 kW.

Le président d’Hydro-Québec Distribution, Éric Filion, espère obtenir vite le feu vert de la Régie de l’énergie. Cette dernière prévoit se pencher sur la question au début novembre. Tous espèrent une réponse avant la fin décembre.

« Si la réduction de tarifs de 40 % proposée est acceptée par la Régie, c’est plus de 1000 producteurs de serres du Québec qui pourraient profiter d’une énergie propre pour stimuler leur croissance », affirme M. Filion. Pour une serre d’une superficie de 2000 m2 et une installation de 200 kW, les mesures proposées pourraient représenter des économies de 30 000 $ par année.

Aussi pour le cannabis

Est-ce que cette offre ne vaut que pour la culture maraîchère ? 

« Nous sommes agnostiques au type de culture. Elle s’applique donc autant aux producteurs de légumes que de cannabis », ajoute M. Fillion.

Si les serristes se laissent séduire – ce qui n’est pas assuré compte tenu des coûts de transition énergétique qui peuvent être importants –, la société d’État pense tripler ses ventes aux serristes. D’ici 10 ans, elle anticipe d’écouler environ 450 GWh de plus par an, représentant des revenus supplémentaires de 30 M$ par année.

– Avec Francis Halin