/finance/opinion/columnists
Navigation

La COVID-19 assène un coup de matraque à l’économie québécoise

Textile - industrie
Photo d'archives Si les économies de nos partenaires commerciaux comme les États-Unis et l’Ontario sont très touchés par la COVID-19, cela aura des impacts directs sur notre secteur manufacturier.

Coup d'oeil sur cet article

Malgré la remontée depuis le mois de mai, le Québec a enregistré une chute sans précédent de l’activité économique lors du deuxième trimestre.

Le PIB réel du Québec a reculé de 12,2 % (ou de 40,4 % à rythme annualisé) au deuxième trimestre de 2020. C’est historiquement la plus forte baisse trimestrielle enregistrée depuis la compilation de statistiques en 1981.

Cette chute dramatique de l’économie québécoise est même légèrement supérieure à celle qui a été enregistrée dans l’ensemble du Canada, laquelle baisse est de 11,5 % (ou 38,7 % à rythme annualisé).

L’économiste Hélène Bégin, des Études économiques de Desjardins, rapporte que la demande intérieure au Québec a fléchi de 39,1 % à rythme annualisé.

Pour leur part, ajoute-t-elle, les dépenses de consommation des ménages ont plongé de 43,5 %, l’investissement résidentiel de 51,5 % et les investissements non résidentiels des entreprises de 54,4 %.

Les exportations ? Elles ont chuté de 44,5 % à rythme annualisé au deuxième trimestre.

Et c’est même pire pour les importations : elles ont diminué de 54,4 %.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre que tous les secteurs de l’économie québécoise ont été touchés par les mesures de confinement mises de l’avant le printemps dernier par le gouvernement Legault dans le dessein de freiner la propagation de la COVID‐19.

Trudeau, le sauveur

Le méga « Plan d’intervention économique du Canada pour répondre à la COVID-19 » du gouvernement Trudeau a largement aidé les ménages touchés par la crise.

À tel point que, selon Mme Bégin : « L’aide gouvernementale fédérale très significative s’est traduite par une amélioration sans précédent des indicateurs économiques liés aux finances des ménages. »

« Le revenu disponible en termes réels des particuliers, précise-t-elle, s’est fortement accru durant le deuxième trimestre au moment où les dépenses de consommation ont été limitées surtout à l’essentiel. Le taux d’épargne a ainsi grimpé à 34,5 % au deuxième trimestre, alors qu’il avoisinait 10 % à la fin de 2019. »

Est-ce que le pire de la crise engendrée par la pandémie de COVID-19 est derrière nous ? En principe, oui ! D’ailleurs, depuis le mois de mai, on a eu droit à un redressement marqué de l’économie québécoise. Cela s’est évidemment traduit par une solide récupération d’une bonne partie des emplois perdus en avril dernier, lors du pic de la crise.

La 2e vague

Je ne vous cacherai pas que la présente deuxième vague de contamination par la COVID-19 que l’on enregistre partout sur la planète, y compris en Europe, aux États-Unis, au Canada et au Québec, assombrit royalement les perspectives de la reprise économique.

Il ne faut pas oublier que la santé de l’économie québécoise est directement tributaire de la santé de nos partenaires commerciaux, notamment les États-Unis et l’Ontario, pour ne mentionner que les deux principaux.

On aura beau se péter les bretelles avec l’engouement pour le « Panier bleu », les retombées de celui-ci n’en demeurent pas moins marginales dans le PIB du Québec.

Remarquez que plus le Québec mettra en place des mesures visant à hausser son autonomie économique, mieux on s’en sortira lorsque des crises économiques surviennent. Mais ce n’est pas demain la veille !

Les éclopés

Comme dans l’ensemble du Canada, plusieurs secteurs de l’économie québécoise continuent d’en arracher grandement en ces temps de COVID‐19. Je pense entre autres aux secteurs de l’hébergement hôtelier, de la restauration et des bars, du voyage, du transport aérien, du commerce de détail, de la culture, dont les arts de la scène, etc.

Pour les travailleurs de ces secteurs en détresse financière économique, les nouvelles mesures d’aide fédérale portant sur le prolongement de la subvention salariale d’urgence, sur le transfert des prestataires de la PCU à l’assurance-emploi, sur la nouvelle « Prestation canadienne de la relance économique » pour les travailleurs n’ayant pas accès à l’assurance-emploi... sont certes bienvenues.

Nouvelles mesures

À l’instar des Canadiens qui se retrouvent dans la même situation, les Québécois (particuliers et entreprises) victimes de l’actuelle crise financière et économique apprécient évidemment les mesures d’aide financière que le gouvernement Trudeau a déployées.

Quand tu dois lutter pour ta survie financière, c’est le moindre de tes soucis financiers de voir le déficit fédéral grimper à plus de 343 milliards $. Et Justin Trudeau en est pleinement conscient.

C’est pourquoi « L’heure n’est pas à l’austérité », a-t-il laissé savoir dans le discours du trône de mercredi dernier.

C’est lors de la prochaine mise à jour du Plan d’intervention économique du Canada, que fera bientôt la nouvelle ministre des Finances, Chrystia Freeland, que l’on découvrira le coût des nouvelles mesures d’aide financière que Justin Trudeau a annoncées lors du discours du trône. 

IMPACT DE LA COVID-19 AU QUÉBEC  

  • Emplois perdus de décembre à août : 151 900 
  • Taux de chômage en août : 8,8 % 
  • Hausse des chômeurs de décembre à août : 157 300 
  • PIB réel du Québec 2020 : - 6,4 % 
  • Consommation des ménages 2020 : - 7,8 % 
  • Exportations en 2020 : - 8,5 % 
  • Importations en 2020 : - 8,7 % 
  • Cas de COVID-19 : 69 088 (46,8 % du Canada) 
  • Décès liés à la COVID-19 : 5809 (62,8 % du Canada)  

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES 2020  

  • PIB réel du Canada : - 5,7 % 
  • PIB réel de l’Ontario : - 5,7 % 
  • PIB réel des États-Unis : - 4,0 % 
  • PIB réel zone Euro : - 7,6 % 
  • PIB réel de la Chine : + 2,1 %