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Yanni Gourde, un joueur indispensable

Lightning vs Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Dans les présentes séries, le Beauceron Yanni Gourde compte 13 points en 22 parties.

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Si le Lightning de Tampa Bay remporte la Coupe Stanley, on soulignera le brio des Brayden Point, Victor Hedman ou Nikita Kucherov. On passera probablement sous silence l’apport de Yanni Gourde et ce sera une grave erreur.

Quand j’évalue une équipe, je m’attarde sur leurs six meilleurs joueurs. J’estime qu’une formation est aussi bonne que le rendement de ses six joueurs-clés.

À Tampa Bay, j’ai été dans l’obligation de déroger à ma règle, de changer la formule. Aux Point, Hedman, Kucherov, Steven Stamkos, Ondrej Palat et Andrei Vasilevsky, je me dois d’ajouter Gourde parmi les joueurs dont le Lightning ne pourrait se passer.

Je n’ai jamais vu le petit attaquant de Saint-Narcisse jouer aussi bien qu’il le fait en ce moment. L’entraîneur Jon Cooper lui fait confiance au centre et Gourde répond en étant aussi efficace en attaque qu’en défensive, ce qui fait qu’on l’utilise autant en avantage qu’en désavantage numérique. 

Un travaillant

Il est vraiment à sa place, au centre. Ça lui permet d’utiliser sa vitesse et il semble plus rapide que jamais, ce qui lui permet d’être premier sur la rondelle et constamment dans le visage de l’adversaire. J’ai l’occasion de le voir jouer soir après soir et d’analyser son travail dans le cadre de mes fonctions à TVA Sports et, sans exagérer, nous sommes capables d’isoler quatre ou cinq séquences par match où Gourde excelle et a un impact direct dans le jeu. 

Je ne sais pas qui est son préparateur physique, mais il semble dans une forme exemplaire.

Gourde a bûché pour se rendre où il est et il récolte les fruits de son travail. Je vous rappelle qu’il n’a jamais été repêché dans la LHJMQ, ni dans la LNH, ce qui ne l’a pas empêché de terminer au premier rang des pointeurs du circuit Courteau en 2011-2012, puis ensuite de se tailler une place avec le Lightning après que ces derniers lui eurent fait signer un contrat d’agent libre.

Son histoire est inspirante et je sais que sa famille est très fière de lui. J’en profite pour saluer le grand-père de sa conjointe, Placide Poulin, un homme prospère de la Beauce qui, je sais, est très fier du no 37 du Lightning.

La moyenne d'âge

D’ailleurs, pour en revenir aux six piliers d’une équipe, c’est aussi sur eux que j’aime me baser pour juger de la moyenne d’âge d’une formation. Certaines équipes se vantent d’être jeunes, mais si tes jeunes évoluent sur les troisième et quatrième trios, mais que ton top-6 est rempli de vieux pitons en fin de carrière, est-ce que ça compte vraiment ?

Dans les six (sept) joueurs nommés plus haut du Lightning, seul Stamkos est âgé de 30 ans ou plus. Les autres, Hedman (29), Point (24), Kucherov (27), Palat (29), Vasilevsky (26) et Gourde (28) n’ont tous pas encore dépassé ce cap.

Tampa Bay est donc en voiture. Je ne crois plus aux dynasties dans les sports aujourd’hui, mais je pense que le Lightning a ce qu’il faut pour être dominant encore plusieurs années. 

Bien entouré

Il faut aussi donner crédit à Julien BriseBois pour avoir bien entouré ses piliers. 

Les acquisitions de Barclay Goodrow et Blake Coleman, réalisées à fort prix, s’avèrent excellentes. Sans parler du travail de Cédric Paquette, un joueur qui accepte son rôle depuis ses débuts avec le Lightning. 

On voit que l’entraîneur Jon Cooper l’apprécie et reconnaît sa valeur et ce qu’il peut donner à l’équipe. Les joueurs de quatrièmes trios ont peu de sécurité d’emploi dans la LNH, mais Tampa Bay continue de faire confiance à Paquette. Tout ça, encore une fois, est le résultat du travail acharné d’un petit gars de chez nous. 

Les échos de Bergie 

LES BAGARRES

Le débat sur les bagarres dans la LHJMQ a refait surface depuis quelques jours. On sait que certains dirigeants du circuit Courteau voudraient qu’elles soient abolies alors que d’autres les jugent toujours utiles. Le directeur général des Remparts Patrick Roy n’a pas hésité à traiter certains de ses confrères de « suiveux » dans ces pages la semaine dernière. Ironiquement, l’un des plus grands défenseurs des bagarres dans la LHJMQ est l’ancien coéquipier de Roy, Bobby Smith. Les deux ont gagné la Coupe Stanley ensemble, mais se retrouvent en ce moment dans des équipes différentes. Pour ma part, j’estime qu’il ne s’agit qu’une question de temps avant que les bagarres ne soient abolies du hockey junior québécois.

REPORTAGE TROUBLANT

Le documentaire The problem of pain (le problème de la douleur) présenté par le réseau TSN mercredi m’a profondément troublé. On y raconte comment les joueurs de la LNH utilisent des antidouleurs, dont un appelé « Toradol », pour être en mesure de jouer le plus longtemps possible et dont certains tombent accros. Le taux de performance est tellement exigeant et exigé dans la LNH qu’il n’est pas surprenant d’entendre que des joueurs ont recours à des méthodes douteuses pour ne pas avoir à rater des matchs. La compétition est forte et les joueurs ont peur de perdre leur place. Le documentaire montre notamment l’ancien joueur Ryan Kesler dont la qualité de vie est fortement diminuée depuis quelques années, notamment en raison de sa consommation de Toradol. Une scène fort triste et émouvante où il explique qu’il n’est plus capable de jouer avec ses enfants m’a beaucoup touché.

TERRY PEGULA

Le propriétaire des Sabres de Buffalo Terry Pegula a demandé à l’entraîneur-chef de l’équipe Ralph Krueger et à ses adjoints d’accepter une deuxième réduction de paie en juillet, ce que ces derniers ont refusé. Une bonne décision des entraîneurs, mais qui me fait tout de même à nouveau réaliser que les entraîneurs n’ont pas de soutien comme les joueurs peuvent en avoir avec l’Association des joueurs de la LNH. Je me souviens qu’on avait essayé de créer une Association des entraîneurs à l’époque et on avait demandé à Scotty Bowman d’être notre président, puisqu’il était respecté et même craint par plusieurs dirigeants. Malheureusement, Scotty avait refusé. Heureusement, au moins, les entraîneurs sont payés à leur juste valeur aujourd’hui, contrairement à mon époque.