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Marguerite Blais et les limites du pouvoir

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La déclaration que la ministre Blais a faite à la journaliste Madeleine Roy au cours du mois d’août, voulant que: «le pouvoir, c’est celui que l’on te donne... ça veut dire quoi?», a ouvert la porte à l’interprétation suivante: elle donne l’impression de se dissocier de sa responsabilité dans la crise que traverse le gouvernement dans la gestion des CHSLD.

Cette déclaration a eu l’effet d’une petite bombe au Parlement. Le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé, a probablement eu raison de prétendre que madame la ministre était imputable et qu’elle ne pouvait pas toujours mettre la faute sur les autres, mais elle a selon moi crevé un abcès en démontrant les forces et les faiblesses du système. 

«Le bureau du premier ministre, y'en mène large!», a rétorqué Me Jean Paul Boily lors de sa chronique dimanche à l’émission Avocats à la barre. Il y mentionne, en parlant du bureau du premier ministre, que «c’est lui qui call les shots», en précisant bien les limites qu’ont les membres du cabinet quant à l’exercice de leur pouvoir, et celles de l’influence qu’ils peuvent ou non avoir au sein du gouvernement.   

  • Écoutez la chronique avec Me Jean-Paul Boily, sur QUB radio:   

Je suis d’accord avec Me Boily pour dire que la solidarité ministérielle qui doit être suivie lorsque l’on travaille au sein d’un parti politique comporte certaines limites, mais que, en fin de compte, c’est souvent le premier dirigeant qui mène la barque.

Les ratés qu’on a pu constater dans les CHSLD, tels que décrits par la protectrice du citoyen, Me Marie Rinfret, ne datent pas d’hier, et on ne peut pas être insensible aux résultats désastreux obtenus. 

Solidarité ministérielle ou pas, il est grand temps que nos élus cessent de se relancer la balle, qu'ils reconnaissent leurs torts, même si cela pourrait passer par des dédommagements ou des poursuites importantes.

À qui la faute? Les guerres intestinales au sein d’un même parti n’intéressent certainement pas les nombreuses familles qui pleurent des proches qui sont morts à cause d’une mauvaise gestion et d’un manque flagrant de ressources dans les CHSLD. 

Les problèmes dans les CHSLD existaient bien avant l’arrivée de la COVID-19. Beaucoup de personnes le criaient, mais personne n’écoutait vraiment. La pandémie a été la brèche de trop dans un barrage déjà très affaibli. Maintenant que le barrage a cédé, il faut arrêter de chercher les fautifs et agir dans un seul bloc pour régler le problème avant que d’autres drames arrivent à nos aînés.

Il faut réaménager adéquatement le système afin qu’il serve à garantir des soins suffisants à nos aînés, sans crainte de coupures de services auxquels ils devraient normalement s’attendre. 

On dit souvent que la qualité d’une société se détermine par la façon dont elle traite ses aînés... disons que cette situation ne reflète certainement pas l’image de la société québécoise... changeons les choses, nous en avons le pouvoir en travaillant dans la même direction.