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Le tramway doublera le nombre de correspondances

La moitié des usagers du transport collectif ne bénéficieront plus d’un trajet direct

Tramway
Illustration courtoisie, Ville de Québec Si le projet du tramway voit le jour, la moitié des usagers du transport collectif à Québec devront effectuer au moins un transfert pour se rendre à destination, ce qui est deux fois plus que dans un scénario sans tramway.

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Avec l’avènement du tramway, la moitié des usagers du transport collectif à Québec devront effectuer au moins un transfert pour se rendre à destination. C’est deux fois plus que dans un scénario sans tramway.

On apprend cette information dans une réponse donnée au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Ce dernier voulait connaître l’impact de l’arrivée du tramway dans la réorganisation du service actuel en ce qui concerne les correspondances, c’est-à-dire les transferts que les usagers doivent effectuer entre le départ de leur domicile et leur arrivée à destination. 

Le Bureau de projet du réseau structurant a comparé deux scénarios à l’horizon de 2026 : un avec tramway, un sans tramway.

Dans un scénario où on conserve le système de transport en commun actuel, il y aurait, aux heures de pointe du matin, le quart des usagers du transport collectif (9900 sur 38 500 usagers) qui devraient prendre au moins une correspondance dans leur déplacement matinal.

Avec l’arrivée du tramway, dès l’an un, cette proportion passera du simple au double (28 200 sur 54 900).

Fanny Tremblay-Racicot
Photo courtoisie
Fanny Tremblay-Racicot

Pour Fanny Tremblay-Racicot, professeure à l’École nationale d’administration publique, et Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du département de géographie à l’Université Laval et spécialisée en aménagement du territoire et en développement régional, ce scénario pourrait réduire l’attrait du transport en commun.

Tracé non « optimal »

Pour Mme Tremblay-Racicot, la nécessité d’effectuer un transfert est un « irritant » et « risque même d’engendrer une perte d’usagers des transports collectifs ».

Cela « témoigne que le tracé du tramway (et ses lignes de rabattement) n’est pas optimal, car il relie moins efficacement les lieux d’origine et de destination ».

« Il est possible effectivement que pour certains usagers, le fait d’avoir deux ou plus de deux correspondances soit un inconvénient qui ne soit pas compensé par le confort, la fiabilité et la rapidité du tramway », indique Mme Vandersmissen.

« Cela dépendra beaucoup du délai d’attente entre chaque correspondance et de la communication de ce temps d’attente aux usagers. »

Les banlieues perdantes

Les usagers des banlieues seront les principaux perdants dans ce scénario, car ils perdront leur express, selon les deux chercheuses. 

Mme Vandersmissen souligne tout de même que le rabattement « leur donnera accès à l’ensemble du réseau, et donc à un éventail plus grand de lieux de destination, ainsi qu’à une plus grande fréquence de service ».

Le Bureau de projet explique cette nouvelle réalité par le « rabattement plus intensif, principalement aux pôles d’échanges, pour une correspondance du bus vers le tramway et vice-versa ».

Le Bureau insiste sur le fait que le réseau structurant de transport en commun apportera des gains de temps, et que « l’utilisateur aura le choix d’effectuer un trajet qui minimise les correspondances s’il le souhaite ». 

Trois fois plus de monde dans les bus qu’en avril 

L’achalandage du transport en commun à Québec a repris du poil de la bête et est maintenant trois fois plus élevé qu’au plus creux de la pandémie, en avril.

Les chiffres du Réseau de transport de la capitale (RTC) démontrent que l’achalandage a fait un bond au cours des derniers mois, sans toutefois revenir au niveau d’avant la crise sanitaire.

Après le creux

En avril, il avait atteint un creux, alors que 80 % de la clientèle avait déserté les autobus, laissant un maigre 20 % d’achalandage. Il a repris graduellement avec 28 % en mai, 38 % en juin, 49 % en juillet et 55 % en août.

La porte-parole du RTC, Brigitte Lemay, a indiqué que les chiffres de septembre ne seront disponibles qu’à la fin du mois.

Le même phénomène s’observe à Lévis, où, depuis la rentrée scolaire, l’achalandage global à la STLévis serait revenu « à un niveau de 50,55 % » en comparaison avec l’avant-COVID-19.

Paiement en ligne

Le RTC a par ailleurs dévoilé les chiffres de sa nouvelle application de paiement en ligne.

Jusqu’à présent, 18 000 utilisateurs ont téléchargé l’application RTC Nomade paiement et ont ouvert un compte, qui permet d’acheter des titres de transport en ligne, sur un appareil intelligent. 

Cependant, elle ne permet toujours pas d’acheter des titres mensuels, ce qui sera possible dans une seconde phase.

« La date de lancement n’est pas encore déterminée. La décision d’y aller avec une stratégie de déploiement par étape permet aux clients et à nos chauffeurs de se familiariser à ce nouveau mode de paiement », a expliqué Mme Lemay.

—Avec Taïeb Moalla