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Les dérives de la dénonciation

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Alors que les remous de la deuxième vague de la pandémie se font sentir et que l’anxiété collective est ravivée par la croissance du nombre de cas de COVID-19, j’espère que les Québécois et les Québécoises ne se dénonceront pas comme ce fut le cas en mars.

« Mon voisin a fait un party en fin de semaine », « ces jeunes au parc ne respectent pas le deux mètres » : le virus a instauré un climat de suspicion. 

Le gouvernement demande aux citoyens de signaler à la police les situations qui dérogent aux recommandations sanitaires. Entre le 13 mars et le 3 avril, la police de Québec a reçu 900 dénonciations.

La confiance envers son voisin n’est plus la même qu’avant la pandémie. On a tendance à prendre le rôle de justicier pour montrer du doigt ceux qui ne respectent pas les mesures sanitaires.

Préserver la confiance

Interpellation dans la rue, lynchage sur les réseaux sociaux, dénonciations non fondées : ces actions faites dans le souci de se protéger et de protéger les autres mènent souvent à des dérapages. Elles créent des tensions et endommagent les relations entre citoyens. Elles ont aussi pour effet de cibler des personnes ou des groupes, comme, par exemple, les familles nombreuses.

N’oublions pas qu’il est possible d’avoir une mauvaise lecture d’une situation. Quand nous sommes témoins d’un comportement en apparence problématique, nous devons garder à l’esprit que nous ne disposons pas de toutes les données pour comprendre le contexte. 

Comment atténuer cette peur qui pousse à dénoncer ? Comment se sentir utile dans cet effort collectif pour vaincre la pandémie ? Miser sur la sensibilisation, le partage d’informations, le dialogue, de même qu’accorder le bénéfice du doute sont des avenues à prioriser. 

Il est très important de protéger les bases de la confiance mutuelle entre concitoyens, surtout en période de crise.

Être solidaire, c’est parfois aussi se mêler de ses affaires.