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Personnes disparues ou perdues: les opérations de sauvetage ont doublé

La SQ a ouvert 183 dossiers de recherche alors que les randonneurs se sont rabattus sur les espaces verts d’ici

Recherche et sauvetage Sûreté du Québec
Photo courtoisie Le coordonnateur aux recherches terrestres de la Sûreté du Québec, Doris Poulin, devant un hélicoptère.

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Alors que les explorateurs amateurs étaient coincés au pays à cause de la crise sanitaire, la Sûreté du Québec (SQ) est intervenue deux fois plus souvent que l’an dernier pour retrouver des personnes disparues ou perdues.

Entre avril et août, ce sont 183 dossiers d’opérations en matière de recherche et de sauvetage qui ont été entrepris par la SQ. Selon des estimations des spécialistes du corps de police provinciale, il s’agit du double du nombre d’opérations habituelles pour cette période.

«C’est énorme par rapport aux autres années», laisse entendre le sergent Hugo Fournier.

Ces statistiques touchent à tout ce qui concerne les recherches terrestres. Parmi les disparus, on retrouve les randonneurs, mais aussi les personnes âgées désorientées, les victimes d’accidents et les personnes en crise, notamment.

Mal préparé

L’impossibilité de quitter la province durant des mois a poussé les aventuriers amateurs à explorer les espaces verts du Québec. Dans les monts Groulx, sur la Côte-Nord, on a enregistré trois fois plus de visiteurs qu’à l’habitude.

«On estime à 200 ou 300 randonneurs en moyenne. Mais cette année, on en a vu certainement entre 700 et 800. Beaucoup d’entre eux m’ont dit qu’ils devaient aller en voyage à l’étranger, mais à cause de la COVID, ils se sont rabattus sur les monts Groulx», affirme le guide d’aventure professionnel Guy Boudreau.

Au moins deux sauvetages sont survenus dans ce secteur dans les derniers mois, d’après lui, un sommet depuis plusieurs années. Une situation observée un peu partout au Québec, confirme de son côté le coordonnateur aux recherches terrestres de la Sûreté du Québec, Doris Poulin.

«Cet été, j’ai été appelé beaucoup plus souvent qu’à l’habitude. En raison de la pandémie, les activités des gens étaient plus centrées au Québec même, ce qui a amené un volume plus élevé de recherches et sauvetages pour nous. Ces personnes étaient souvent mal préparées», souligne-t-il.

Par ailleurs, les individus aux prises avec des troubles de nature psychologique semblent avoir été affectés par les mesures restrictives de la pandémie. D’après M. Poulin, les appels concernant des personnes en crise disparues étaient particulièrement nombreux cette année.

Des ressources limitées

Des randonneurs dans les monts Groulx.
Photo courtoisie
Des randonneurs dans les monts Groulx.

Bien que ce ne soit pas le cas dans tous les dossiers de recherche et sauvetage, le sergent Fournier estime qu’il est possible d’éviter bon nombre d’entre eux simplement en étant bien préparé.

«Ce qu’on veut, c’est diminuer le nombre d’appels reliés à des recherches. Des hélicoptères, on en a quelques-uns, mais on n’en a pas des centaines. Donc, s’il y a de nombreux effectifs mobilisés dans des régions, ils ne pourront pas nécessairement l’être dans une autre», indique M. Fournier.

«Présentement, on est capable de faire face à la demande, mais nos ressources ne sont pas infinies», précise-t-il.

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Une meilleure préparation aurait évité bien des problèmes  

Une unité de recherche et sauvetage de la Sûreté du Québec en pleine action.
Photo courtoisie
Une unité de recherche et sauvetage de la Sûreté du Québec en pleine action.

La Sûreté du Québec (SQ) croit que plusieurs situations périlleuses survenues au courant des derniers mois auraient pu être évitées avec un minimum de préparation.Voici quelques exemples rapportés par le corps de police provinciale.  

De la neige en montagne

Un groupe de quatre randonneurs partis escalader et camper sur les monts Groulx, sur la Côte-Nord, a eu toute une surprise au lendemain de sa première nuit.

La température ayant chuté de plusieurs degrés après le coucher du soleil, jusqu’à 10 centimètres de neige se sont amoncelés dans les montagnes.

«N’ayant pas vérifié la météo avant de partir, les quatre marcheurs n’avaient pas préparé l’équipement nécessaire et ils ont dû être secourus par hélicoptère», explique le sergent de la SQ Hugo Fournier.

Fausse couche

Une dame ayant fait une fausse couche quelques jours auparavant a tout de même décidé de partir en expédition en montagne dans Charlevoix.

Ce n’est qu’une fois rendue au sommet, au courant de la nuit, que la randonneuse a réalisé qu’elle avait des saignements en raison de sa condition médicale très fragile. Elle a dû être évacuée d’urgence par les premiers secours.

«Il faut s’assurer de sa bonne condition physique avant de partir en randonnée», indique M. Fournier. 

Ne jamais se séparer

Trois chasseurs se sont perdus près du lac Paulette, dans la région de la Mauricie.

Même s’ils ne connaissaient pas bien le secteur, ils s’y sont rendus sans carte, sans boussole et sans GPS.

Après un certain temps, ils ont décidé de partir chacun de leur côté pour chercher de l’aide.

Des effectifs de la SQ ont dû être déployés pour retrouver l’un d’entre eux, qui n’était pas parvenu à s’orienter adéquatement.

«Il faut tout d’abord avoir le bon équipement lorsqu’on se rend dans une région qui nous est inconnue. Et il faut rester sur place et ne pas se séparer lorsqu’on est perdu», conseille le porte-parole de la SQ.