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Plus de 2000 postes bien payés à combler

Le nombre d’employés du secteur du jeu vidéo au Québec a décuplé depuis 2002 et continue de grimper

Philippe Morin - Red Barrels
Photo courtoisie Philippe Morin, cofondateur et président du studio indépendant québécois Red Barrels, qui est connu pour la série de jeux vidéo Outlast.

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Plus de 2000 travailleurs avec un salaire moyen de 76 000 $ par année sont recherchés dans l’industrie québécoise du jeu vidéo, qui a le vent dans les voiles malgré la pleine pandémie.

Montréal, Québec, Sherbrooke, Saguenay... l’écosystème du jeu vidéo n’a pas pris une ride pendant que la COVID-19 plongeait des milliers de Québécois au chômage.

Mieux encore, estime Nadine Gelly, directrice générale de La Guilde du jeu vidéo du Québec, les travailleurs qui se sont retrouvés le bec à l’eau ces derniers mois devraient penser à une carrière dans l’industrie pour saisir la manne.

« Demain matin, des coiffeuses qui viennent de perdre leur emploi pourraient se recycler dans l’industrie du jeu vidéo en retournant à l’école et en devenant des coiffeuses de personnages de jeux vidéo », lance-t-elle avec enthousiasme.

Développeurs, animateurs 2D, 3D... les métiers en développement des affaires sont particulièrement recherchés dans l’industrie, qui poursuit sa croissance sans anicroche malgré le ressac de la deuxième vague.

En 2002, quelque 1200 personnes travaillaient dans l’industrie. Il y en a dix fois plus aujourd’hui, soit plus de 13 000. Et la courbe n’est pas prête de s’aplanir.

Les étrangers aussi

Dans l’effervescence, les studios québécois ne sont pas les seuls affamés de talents. Des géants Ubisoft, EA, Eidos, WB et Google Stadia, qui ont pignon sur rue au Québec, jouent du coude pour recruter la perle rare.

Sans parler d’Amazon, qui lancera sa plateforme à son tour et qui s’intéresse déjà aux talents québécois, a confirmé l’entreprise au Journal.

« On est comme le village d’irréductibles Gaulois. C’est une métaphore que l’on a utilisée à quelques reprises à l’interne », lance avec humour Philippe Morin, cofondateur et président du studio québécois Red Barrels.

Fondé en 2011, le studio d’une quarantaine d’employés a réalisé des ventes de plus de 75 millions de dollars américains, mais trouver la perle rare demeure une tâche ardue.

« On fait le maximum que l’on peut avec les salaires. Le contexte d’emploi peut être un facteur, comme le type de jeu. Dans notre cas, il n’y a pas beaucoup de développeurs de jeux d’horreur au Québec, alors s’il y a des développeurs qui sont intéressés par ce style de jeu là, c’est à notre avantage », explique-t-il.

Vendeurs recherchés

Après le succès de son salon de carrière MEGAMIGS la fin de semaine dernière, la Guilde du jeu vidéo du Québec convie les chercheurs d’emploi à une vitrine virtuelle les 12 et 13 novembre prochain.

« Il faut des gens en marketing. Au Québec, va falloir s’attaquer à cela, poursuit sa directrice générale, Nadine Gelly. C’est bien beau de faire des produits, mais s’ils restent sur une tablette parce qu’on ne les vend pas bien, ce n’est pas bon. »

Un problème auquel a été confrontée Angela Megia, directrice générale du studio québécois Clever Plays.

« Ça a été très long avant de trouver des personnes d’expérience en marketing. On en a une maintenant, mais ça a pris du temps », partage celle qui a fondé le studio de jeu vidéo montréalais d’une dizaine d’employés en 2013.

« C’est très dur de recruter des seniors, ajoute Alexandre Martel, PDG et cofondateur du studio indépendant 3Mind Games. On dirait qu’ils sont bien chez les gros joueurs. Ils ont la sécurité d’emploi, et tout. »

Pire avec la pandémie

Pour Julien Jacob, directeur en acquisition de talents chez Behaviour Interactif, la question de la main-d’œuvre s’est corsée au cours des derniers mois.

« Depuis la COVID-19, les délais d’immigration sont lents. Ça cause des maux de tête. Avant, il fallait trois ou quatre mois pour aller chercher un candidat européen, maintenant, ça prend entre six et huit mois. Ça met de la pression », conclut celui qui cherche plus de 140 personnes pour pourvoir des postes clés.


L’industrie québécoise du jeu vidéo en chiffres

◆ 13 000 Travailleurs

En comparaison :    

  • 7300 en Colombie-Britannique    
  • 5000 en Ontario        

◆ Âge moyen des travailleurs : 28 ans    

  • 19 % Femmes    
  • 81 % Hommes        

◆ Salaire moyen : 75 900 $

◆ Studios : 230

◆ Impact économique : 1 milliard $

◆ Entreprises : Beenox, Gameloft, Behaviour, Ludia, Google, Eidos, Frima, Square Enix, Ubisoft, VMC Warner Bros. Games

Source : La Guilde du jeu vidéo du Québec