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COVID-19: Québec et Montréal passeront en zone rouge, Legault fera le point à 17h30

L’explosion des cas force le gouvernement à passer à l’alerte maximale

Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé, Christian Dubé, feront le point à 17h30 lundi, alors que Québec et Montréal s'apprêtent à basculer en zone rouge.
Photo d'archives, Jean-François Desgagnés Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé, Christian Dubé, feront le point à 17h30 lundi, alors que Québec et Montréal s'apprêtent à basculer en zone rouge.

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L’augmentation des nouveaux cas de COVID-19 qui s’accélère rapidement dans plusieurs régions fera basculer notamment Québec et Montréal en zone rouge. Le premier ministre François Legault fera le point à 17h30.

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Le nombre de cas au Québec a explosé de 75 % cette semaine par rapport à la précédente. La province a ajouté 896 nouveaux cas dimanche.

Seulement pour la Capitale-Nationale, 120 nouvelles infections sont signalées, dont une éclosion à l’hôpital du Saint-Sacrement où cinq personnes sont touchées dans l’unité de médecine et aux soins intensifs coronariens.

Cinq personnes ont contracté la COVID-19 à la suite d’une éclosion à l’hôpital du Saint-Sacrement à Québec.
Photo Didier Debusschère
Cinq personnes ont contracté la COVID-19 à la suite d’une éclosion à l’hôpital du Saint-Sacrement à Québec.

Sur la Rive-Sud (Québec), la situation devient très préoccupante, alors qu’on atteint un nouveau sommet de 57 cas. Des quatre décès supplémentaires observés au Québec, deux proviennent de la Chaudière-Appalaches. À Montréal, on enregistre 375 nouveaux cas. C’est 100 de plus que la veille.     

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Des annonces à prévoir

Ces augmentations ont convaincu le ministre de la Santé, Christian Dubé, de faire passer Québec et Montréal en zone rouge, soit le niveau d’alerte maximale, dès cette semaine. 

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Le ministre de la Santé, Christian Dubé.
Photo Stevens LeBlanc
Le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Le gouvernement n’a jamais dévoilé précisément quelles seront les mesures pour ce dernier palier. Le ministère de la Santé mentionne pour l’instant que les mesures seront « plus restrictives pouvant aller jusqu’à faire cesser les activités non essentielles ». 

Il n’est pas non plus impossible que les bars et les restaurants soient fermés à nouveau. 

«Il va y avoir des décisions difficiles pour les bars et les restaurants», a mentionné le ministre Dubé, en entrevue à Tout le monde en parle, dimanche soir. «Ce qu’on va dire aux gens, ça va être: restez chez vous», a-t-il lancé.  

Le gouvernement a toutefois toujours dit vouloir éviter «autant que possible» un confinement généralisé comme lors de la première vague. 

Or, un tel confinement n’est pas du tout impossible, selon le directeur de santé publique de Laval, Dr Jean-Pierre Trépanier. 

«Même si ce n’est pas ça qui est envisagé et que ce n’est pas vers ça qu’on veut aller. Cette éventualité-là ne peut pas être écartée si on voit que l’épidémie continue de progresser», a-t-il raconté en entrevue, dimanche.      

  • ÉCOUTEZ le directeur de santé publique de Laval au micro de Pierre Nantel sur QUB radio:   

 

Trop tard

D’après Christian Jacob, président de l’Association des microbiologistes du Québec, les efforts demandés par le ministre de la Santé sont probablement arrivés trop tard pour éviter ce passage au rouge. 

«On s’enligne pour continuer sur ce rythme-là d’augmentation pendant une, deux, peut-être trois semaines», estime-t-il. D’après lui, même si le gouvernement a demandé à limiter les interactions au strict nécessaire, il faudra attendre quelques semaines pour voir les fruits de cet effort.

Selon Nimâ Machouf, épidémiologiste, l’atteinte des 1000 cas quotidiens n’est plus qu’une question de temps.

«Les hospitalisations augmentent, les décès augmentent. Ce sont toujours des indicateurs plus tardifs. [...] S’il y a un décès, il survient un mois après l’infection, a rappelé la spécialiste en entrevue sur LCN. Il ne faut pas qu’on attende un taux de mortalité élevé avant de commencer à agir.»

D’autant plus qu’en date de samedi, 48 résidences privées pour aînés et 21 CHSLD étaient « sous surveillance » en raison de cas de COVID-19.

— Avec Roxane Trudel et l’Agence QMI 

Si ça continue, «ça risque de faire mal»  

La Santé publique de Chaudière-Appalaches implore les citoyens de changer leurs habitudes maintenant, avant que les urgences ne soient encombrées en raison de la grippe automnale et qu’on ait des choix déchirants à faire.

Dans les cinq premiers mois de la crise sanitaire, la région a enregistré «seulement» environ 525 cas et huit décès. 

Mais dans les deux derniers mois, la situation a pris une tournure inégalée ajoutant quelque 650 autres infectés et 10 décès supplémentaires, d’après l’adjointe à la direction régionale de santé publique, Julie Lambert.

«La situation est très inquiétante, on n’était pas du tout habitué à ça dans la première vague. La courbe est très à pic en ce moment, ça va très, très vite», souligne-t-elle, rappelant à la population que c’est elle qui a le pouvoir d’éviter une catastrophe en réduisant ses contacts.

Agir maintenant

Et les citoyens doivent rapidement se responsabiliser, indique Mme Lambert, parce que la COVID-19 semble être plus contagieuse que lors de la première vague, ce qui accélère la propagation.

Une autre inquiétude de la Santé publique, c’est que cette propagation du virus ne soit pas freinée dans la région avant la saison de la grippe, qui taxe déjà le réseau de la santé de façon importante.

Un problème

«Avant longtemps, il va y avoir un problème. En ce moment, c’est le temps de se donner une chance. Parce que si rien ne change, avec l’apparition des autres virus dans les prochaines semaines, ça risque de faire mal [dans les urgences]», affirme Mme Lambert.

«On ne veut pas se retrouver à faire des choix déchirants comme dans certaines juridictions», conclut-elle.