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La solution, c’est vous, moi, lui

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Vous n’avez pas aimé le printemps ? Le pire s’en vient.

La progression des cas est maintenant beaucoup plus rapide : toutes les tranches d’âge, toutes les régions sont touchées.

« Les chiffres sont sans appel », dit le premier ministre.

Clarté

Le gouvernement serre la vis, mais on sent ses hésitations. 

Il ne veut pas mettre toute la société sur pause.

Il voit aussi que ses directives sont moins suivies qu’au printemps.

Chacun trouve que sa petite ou sa grosse tricherie se justifie. 

On a beaucoup chialé contre la confusion des messages gouvernementaux.

Forcément, comme le gouvernement veut freiner la contamination sans tout fermer, les directives sont plus nombreuses et plus nuancées qu’au printemps, d’où les occasionnelles contradictions.

Cette confusion s’est largement dissipée hier. 

« Restez chez vous, n’invitez pas du monde », disent Legault et Dubé. 

Dur à comprendre ? Sérieusement...

La critique du gouvernement a le dos large. 

Chez beaucoup, elle devient un prétexte pour faire à leur guise, comme si les erreurs du gouvernement lui enlevaient tout droit, toute légitimité pour donner des directives.

Chez ceux-là, le refus de collaborer se double d’un fréquent sentiment de supériorité.

Les « caves » comme moi, qui suivent les directives, sont naïfs, soumis, « manipulés ».

Eux, ils savent, eux, ils ont fait leurs recherches.

Eux autres, ils n’ont pas peur, eux autres, ils comprennent « la game ».

Parmi eux, ceux qui veulent se donner un air « raisonnable » diront « qu’on exagère ».

Systématiquement, nous sous-estimons le nombre d’irresponsables et leur potentiel de nuisance.

Comment dialoguer avec des gens qui rejettent les aspects de la réalité qui leur déplaisent et s’enferment dans leurs certitudes parallèles ?

Comment imposera-t-on le masque dans une manif antimasques ?

Le gouvernement a certes ses torts, mais une vérité massive est ignorée : tant qu’il n’y aura pas de vaccin, ce que le gouvernement peut faire est somme toute limité.

Il ne peut, en appuyant sur les boutons d’un mystérieux panneau de contrôle, réduire la dangerosité du virus.

Celui qui peut le mieux atténuer le danger, c’est vous, moi, l’ami, le voisin, le collègue... à la condition de faire sa part.

Oui, il faut un travail sur soi pour accepter les contraintes. 

Mais honnêtement, est-il si terrible, si épouvantable, ce rétrécissement temporaire de notre vie sociale ?

Dimanche soir, je me suis installé avec ma fille et des sushis, et on a ri comme des rhinocéros en regardant OD.

C’était profondément stupide et hilarant, surtout lorsque Martine, l’animatrice de mariages, a lâché : « Je m’intéresse au genre de gars dont je suis pas son genre ».

Bombes

Pendant une pause publicitaire, je me suis souvenu de notre séjour, en janvier 2019, à Sarajevo, ville martyre de Bosnie.

D’avril 1992 à février 1996, pendant 3 ans, 8 mois et 9 jours, les habitants de Sarajevo, totalement encerclés par les milices serbes, incapables de fuir, bombardés sans pitié, reçurent en moyenne 329 obus par jour.

J’ai parlé à ces gens. Je revois leurs visages.

Et nous, on déchire notre chemise parce qu’on nous demande de porter un petit masque, d’éviter les partys et de faire attention aux autres ?