/news/coronavirus
Navigation

Fermeture en zone rouge: les restaurateurs sont déçus mais résignés

L’un des propriétaires du restaurant Chic Alors!, Hugues Philippin
Photo courtoisie L’un des propriétaires du restaurant Chic Alors!, Hugues Philippin

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir eu plusieurs jours pour se préparer à une autre fermeture, plusieurs restaurateurs de Québec étaient déçus, mais peu surpris de cette décision dramatique pour l’industrie.

• À lire aussi: Ils pensaient avoir tout fait pour éviter une autre fermeture

• À lire aussi: Encore des sacrifices pour 5 millions de Québécois

L’un des propriétaires du restaurant Chic Alors!, situé dans le secteur de Cap-Rouge, croit qu’il aurait été possible de demeurer ouvert avec les mesures sévères actuelles. 

«On aurait pu demeurer ouvert avec une supervision et un environnement contrôlé, ce qu’on n’a pas à la maison. Avec deux jours d’avis, il faut passer la nourriture pour ne pas la perdre. La salle à manger, c’est la moitié de nos ventes», mentionne Hugues Philippin. 

Selon lui, la vaste majorité des restaurateurs ont tous bien fait les choses depuis les dernières semaines. 

«Au pire, qu’on empêche la vente d’alcool. Les protections individuelles pour les employés sont les mêmes que dans les CHSLD. Si les infirmières n’attrapent pas la COVID, nos employés ne devraient pas non plus.» 

Le fait de jouer au yo-yo avec l’industrie fera également beaucoup de dommages.  

«Le recrutement est difficile, garder des employés aussi, et avec le chômage à répétition, c’est catastrophique. De notre côté, nous avons les conditions gagnantes pour passer à travers. On est choyés, mais je pense aux autres. L’été n’a pas été si mal pour nous.» 

Hugues Philippin a aussi des doutes sur le fameux 28 jours. «Je peux passer à travers, mais est-ce que ça va être plus long? Tous les partys des Fêtes sont annulés ensuite. C’est une grosse perte. Les clients ne viendront pas deux fois après pour compenser.» 

  • ÉCOUTEZ l'entrevue de Marc-Olivier Frappier, chef copropriétaire du Mon Lapin, sur QUB radio :

Une fermeture prévisible

Pour un autre restaurateur de Québec, la technique «de la petite cuillère» du gouvernement laissait déjà entrevoir une seconde fermeture. 

«On s’y attendait. Déjà en zone orange, on aurait techniquement dû fermer. C’était une question de temps. C’est quand même beaucoup de pertes. Mes frigos sont pleins, alors je vais donner le contenu sans aucun revenu. Et repartir la machine après coup, c’est encore des dépenses pour remplir les frigos à nouveau», se désole François Blais, du Bistro B, sur l’avenue Cartier, à Québec. 

Selon lui, tout le monde va payer pour quelques délinquants.  

«Comme tout le monde, je vais à l’épicerie. Il y a eu quelqu’un qui nettoyait le panier et qui surveillait le lavage des mains, mais depuis un mois, il n’y a plus de désinfectant à la porte. La garde a baissé et on paye le prix. Il va falloir surveiller les faillites. Les bons restaurateurs vont rester. Ceux qui étaient déjà en difficulté, le timing est encore pire.» 

Toujours passionné, le cuisinier de profession enseigne également le métier dans une école spécialisée de Québec. Ses groupes ont déjà atteint 70 étudiants. Cette fois-ci, ils ne sont plus que 12.  

Plus de dommages 

Cette seconde fermeture va faire beaucoup plus mal que la première, selon un autre restaurateur de Québec. 

«Ce coup va faire encore plus mal. Quand tu le vois venir, on dirait par contre que c’est moins pire», lance Ivan Waddell, directeur associé du Archibald Sainte-Foy.  

Ivan Waddell du Archibald Sainte-Foy
Photo courtoisie
Ivan Waddell du Archibald Sainte-Foy

La rumeur était dans l’air depuis plusieurs jours. «Au moins, on nous donne quelques jours d’avis. Nous ne sommes pas un magasin de souliers. Ça ne se ferme pas du jour au lendemain, un restaurant», ajoute l’ex-olympien. 

L’homme d’affaires croit toutefois que le gouvernement aurait pu envoyer la police plus tôt dans les différents bars et restaurants.  

«On a fait notre part. Certains ont dérogé et ça fait mal, mais je ne pense pas que nous sommes la source principale du problème. On a respecté les règles, mais on nous ferme encore. Les employés ont travaillé fort et ils sont ébranlés. Ça va prendre un plan de match. J’ai déjà des employés qui ont simplement changé de domaine et d’autres vont certainement le faire. Il y a encore des passionnés, mais ça va être dur.»