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Fermeture en zone rouge: les tenanciers de bars déçus, mais pas surpris

Tout comme le propriétaire Patrick Lessard, Maxime Sanfaçon, gérant des Maltcommodes, déplore la fermeture des bars dans la région.
Photo Jérémy Bernier Tout comme le propriétaire Patrick Lessard, Maxime Sanfaçon, gérant des Maltcommodes, déplore la fermeture des bars dans la région.

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Si des tenanciers de bars de Québec estiment que la décision du gouvernement Legault de fermer ces établissements dans la région à l’occasion du passage en zone rouge était prévisible, certains déplorent que ce soit toute l’industrie qui écope pour «quelques récalcitrants».

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À la microbrasserie Les Maltcommodes, dans Beauport, on s’insurge de servir «encore une fois» de bouc émissaire de la pandémie, alors que les bars ont déjà dû subir une fermeture en début de crise sanitaire.  

«Il faut sévir contre les personnes qui ne suivent pas la réglementation. Là, c’est toute l’industrie qui paye le prix pour quelques récalcitrants, c’est vraiment déplorable», lance le propriétaire, Patrick Lessard, qui aurait aimé que les tenanciers de bars soient consultés pour arriver à un consensus. 

Patrick Lessard, propriétaire de la microbrasserie Les Maltcommodes.
Photo courtoisie
Patrick Lessard, propriétaire de la microbrasserie Les Maltcommodes.

 Un «bordel» 

Pour lui, cette fermeture des établissements servant de l’alcool ne mettra pas fin à la montée fulgurante des cas dans la région, mais déplacera plutôt le problème ailleurs.  

«Il va y avoir plus de partys dans les maisons, les chalets, sur les terrains de camping, c’est certain! Même si on interdit ces rassemblements, la police ne peut pas rentrer dans les maisons», souligne-t-il, prévoyant un «bordel incroyable».  

D’ailleurs, s’il assure être capable de faire face à cette deuxième fermeture, du moins durant les 28 jours premiers prévus par le gouvernement Legault, M. Lessard estime que tout le monde n’a pas cette chance.  

«Ça ne sera pas beau, je vous le dis! Il y a des gens qui ont remprunté des sous, dans les derniers mois, pour rouvrir parce qu’ils y croyaient. Mais là, il y en a plusieurs qui ne passeront pas à travers ce mois-là, c’est officiel», explique le propriétaire.  

«On l’a vu venir»  

À la Taverne Grande Allée, bien qu’on espérait un tout autre scénario pour l’automne, on préfère garder la tête haute et s’adapter à cette nouvelle réalité, plutôt que de s’apitoyer sur son sort et d’espérer survivre.  

Le copropriétaire de la Taverne Grande Allée, Louis-Philippe Tremblay.
Photo Jérémy Bernier
Le copropriétaire de la Taverne Grande Allée, Louis-Philippe Tremblay.

«C’est sûr que ce n’est pas l’idéal, les chiffres étaient déjà à la baisse depuis qu’on était en zone orange. C’est évident que ce sera une perte de revenue considérable», concède le copropriétaire Louis-Philippe Tremblay.  

«Mais je suis en mode solution. Je ne resterai pas sur le bord du chemin, comme un chien, à attendre que la fin arrive», poursuit-il.  

Ayant prévu le coup en voyant la montée fulgurante des cas quotidiens de COVID-19 dans la région, M. Tremblay a décidé d’ouvrir un nouveau service de livraison dès jeudi. Une première pour l’établissement.

«À la première fermeture, on n’était vraiment pas prêt. Là, on l’a vu venir, c’était à prévoir», dit-il, affirmant avoir confiance dans les directives du gouvernement Legault.   

Un jour à la fois  

Il n’en reste pas moins que des craintes demeurent, notamment sur la durée de cette fermeture qui pourrait se prolonger au-delà de 28 jours, si la courbe de propagation ne s’aplatit pas.  

«C’est difficile, on ne se le cachera pas. On se croise les doigts que ça se passe bien et qu’on n’ait pas à le refaire une troisième fois [fermer l’établissement]. Heureusement qu’on a eu un bel été, ça nous a permis de se sortir un peu la tête de l’eau», conclut le tenancier de bar.